Navigation par thématique
Menu de la section air

Le marché du carbone, un outil pour la croissance économique verte!

Évaluation des paramètres de fonctionnement du SPEDE

En juin 2023, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et le California Air Resources Board (CARB) ont débuté l’évaluation des paramètres de fonctionnement du système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE).

Le 15 octobre 2024, le MELCCFP a informé les parties prenantes des modifications réglementaires proposées (PDF, 105 ko)Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Le 11 février 2026, il a précisé le calendrier et les étapes à venir(PDF, 89 ko)Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Visionnez les webdiffusions et obtenez plus d’information sur les consultations au sujet de l’Évaluation des paramètres de fonctionnement du SPEDE.

En 2013, le Québec a mis sur pied un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (SPEDE), plus communément appelé « marché du carbone », afin de lutter efficacement contre les changements climatiques. En 2014, le Québec a lié son système à celui de la Californie, créant ainsi le plus grand marché du carbone en Amérique du Nord.

Le marché du carbone investit efficacement ses revenus dans des secteurs qui développent l’économie d’ici. Électrification des transports, conversion aux bioénergies, innovation écoénergétique : le marché du carbone accélère la transition climatique et énergétique du Québec.

Le marché du carbone est un levier qui favorise la réduction des GES à moindre coût pour les entreprises et qui renforce notre capacité à nous adapter aux changements climatiques. C’est un outil de croissance économique qui permet de réaliser plusieurs projets porteurs et créateurs d’emploi.

Tous les revenus du marché du carbone sont investis dans le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC), qui finance l’action climatique gouvernementale à travers le Plan pour une économie verte 2030. Le marché du carbone :

  • réduit concrètement la facture énergétique des ménages québécois grâce à des programmes qui subventionnent l’achat de bornes de recharge pour les véhicules électriques, l’installation de thermopompes, les rénovations et les constructions résidentielles écoénergétiques ou encore la conversion à l’électricité;
  • soutient les municipalités dans la réalisation de leur plan d’adaptation et contribue à renforcer la résilience des communautés face aux effets des changements climatiques et à atténuer les risques pour les infrastructures;
  • favorise l’essor d’une économie axée sur l’innovation, l’efficacité et la transition énergétiques en créant de l’emploi dans des domaines d’avenir;
  • encourage la réalisation de projets industriels porteurs qui permettent une réduction significative des GES.

Liens utiles :

Pour plus de détails sur le fonctionnement du marché du carbone :

Les acteurs qui prennent part au SPEDE

Le marché du carbone vise les entreprises suivantes (les « émetteurs ») :

  • Les établissements industriels qui émettent 25 000 tonnes métriques en équivalent CO(tm éq. CO2) ou plus par année (alumineries, cimenteries, raffineries, usines de produits chimiques, aciéries, mines, etc.);
  • Les producteurs et importateurs d’électricité, dont les émissions de GES associées à la production de cette électricité égalent ou excèdent 25 000 tm éq. CO2 par année;
  • Les distributeurs de carburants et de combustibles utilisés au Québec (essence, diesel, propane, butane, kérosène, coke de charbon, coke de pétrole, charbon, gaz de distillation, éthanol, biodiesel, biométhane, gaz naturel et mazout de chauffage);
  • Les établissements industriels qui émettent 10 000 tm éq. CO2 ou plus, mais moins de 25 000 tm éq. CO2, et qui souhaitent devenir des émetteurs assujettis au SPEDE (appelés « adhérents volontaires »).

L’assujettissement de ces entreprises représente environ 80 % des GES émis au Québec.

Le marché du carbone est également accessible aux personnes, physiques ou morales, qui désirent y prendre part (les participants), tels que des investisseurs, des courtiers, des consultants ou des promoteurs de crédits compensatoires.

Liens utiles :

Le SPEDE en un coup d'œil

Le SPEDE en un coup d'œil

Retour en haut

Le fonctionnement du SPEDE

Le SPEDE comprend plusieurs composantes. En voici les principales :

Plafonds d’unités d’émission

Le gouvernement établit des plafonds annuels d’émission, c’est-à-dire les quantités maximales de GES qui peuvent être rejetées dans l’atmosphère par l’ensemble des émetteurs assujettis. Chaque année, le gouvernement met en circulation un nombre d’unités d’émission équivalant au plafond annuel (maximum permis). Les plafonds sont réduits progressivement dans le temps, ce qui encourage la réduction des émissions.

Plafonds d'émission
(en millions d'unités d'émission)

Graphique sur le plafonds d'émission (en millions d'unités d'émission)

Liens utiles :

Couverture des émissions

À la fin de chaque période de conformité, les émetteurs doivent remettre un droit d'émission pour chaque tonne de GES qu’ils ont émis dans l’atmosphère.

Liens utiles :

Acquisition de droits d’émission

  • Le gouvernement organise des ventes aux enchères d’unités d’émission quatre fois par année.
  • Les émetteurs soumis à la concurrence nationale et internationale reçoivent gratuitement une certaine quantité d’unités d’émission de GES pour maintenir leur compétitivité et éviter le risque de « fuites de carbone » (délocalisation d’entreprises). Cette allocation gratuite diminue progressivement avec le temps afin de les inciter à faire des efforts supplémentaires pour réduire leurs émissions.
  • Le gouvernement autorise également les émetteurs à couvrir une partie de leurs émissions de GES en utilisant des crédits compensatoires.
  • En plus des ventes aux enchères, le gouvernement peut également organiser des ventes de gré à gré du ministre. Celles-ci sont réservées aux émetteurs du Québec qui ne détiennent pas suffisamment d’unités d’émission pour couvrir leurs émissions.
  • Les émetteurs ont également la possibilité d’acheter des droits d’émission à d’autres entreprises participantes ou sur le marché des dérivés.

Liens utiles :

Retour en haut

Mesures de conformité et sanctions

Différents moyens sont mis en place pour garantir le respect du Règlement concernant le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre. Les avis de non-conformité peuvent entrainer des amendes et des poursuites judiciaires. Des mesures administratives peuvent aussi être appliquées telles qu’une pénalité sur les unités d’émission, une suspension de l’allocation gratuite ou l’interdiction de participer aux ventes aux enchères.

Liens utiles :

La valeur d’un droit d’émission de GES

Déterminer une valeur précise pour un droit d’émission est impossible, car celle-ci est influencée par l’offre et la demande sur le marché du carbone. Cependant, certains paramètres permettent d’estimer une fourchette de prix pour ces droits.

  • Tout d’abord, il y a le prix minimal annuel des unités vendues aux enchères. Ce prix minimal établit un seuil en deçà duquel les droits d’émission ne peuvent être vendus lors des ventes aux enchères.
  • D’autre part, il existe également un prix maximal qui correspond au prix des unités de la réserve de la catégorie C, qui est la catégorie où les prix sont les plus élevés lors des ventes de gré à gré du ministre.

Le coût carbone a un léger impact sur les prix des carburants et des combustibles vendus au Québec. On peut estimer cet impact en utilisant les formules et les facteurs d’émission suivants.

Dans le cas d’un mélange, l’estimation doit être effectuée en considérant la proportion de chacun des constituants et leur facteur d’émission respectif. À titre d’exemple, la formule suivante sera utilisée pour l’essence, qui contient 12 % d’éthanol.

À titre d’exemple, pour un prix de 40 $ par unité d’émission, l’impact sur les principaux carburants et combustibles serait le suivant :

  • Essence automobile (contenant 12 % d’éthanol) : 8,4 ȼ/litre
  • Carburants diesel (contenant 5 % de biodiesel) : 11,4 ȼ/litre
  • Mazout léger : 10,9 ȼ/litre
  • Mazout lourd : 12,6 ȼ/litre
  • Propane : 6,2 ȼ/m3
  • Gaz naturel : 7,6 ȼ/m3

Le calculateur suivant permet de calculer le coût carbone attribuable à un prix d’unités d’émission choisi sur l’essence automobile et le carburant diesel.
calculateur-cout-carbone.xlsx (Fichier ExcelExcel, 21 ko)

À titre comparatif, selon le site KalibrateCet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. (en anglais), le prix de l’essence à Montréal le 31 décembre 2025, il était de 1,464 $/litre, réparti selon les composantes suivantes :

Composante Prix (cents) % du prix
Prix à la rampe de chargement 87,2
60 %
Coût du brut  56,8 39 %
Marge du raffineur 22,0 15 %
Coût du SPEDE estimé 8,4 6 %
Marge du distributeur 7,9 5 %
Taxes et droits 51,3 35 %
Taxe d’accise fédérale 10,0 7 %
Taxe sur les carburants du Québec 19,2 13 %
Taxe municipale 3,0 2 %
TPS 6,4 4 %
TVQ 12,7 9 %
TOTAL (prix à la station-service) 146,4 100 %

Ces coûts sont calculés à partir des facteurs d’émission présentés dans le tableau 30-1 du Règlement sur la déclaration obligatoire de certaines émissions de contaminants dans l’atmosphèreCet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Ces facteurs d’émission indiquent la quantité de CO2 émise lors de la combustion d’un combustible donné.

Facteurs d’émission des carburants et des combustibles, en équivalent CO2

Carburants et combustibles liquides Facteur d’émission (tonnes métriques en
équivalent CO2 par kilolitre)
Essences automobiles 2,371
Carburants diesels 2,995
Kérosène 2,543
Mazout léger (0, 1 et 2) 2,734
Mazout lourd (4, 5 et 6) 3,146
Propane 1,543
Butane 1,763
Gaz naturel liquéfié 1,178
Coke de pétrole liquéfié 3,837
Éthanol (100 %) 0,082
Biodiesel (100 %) 0,123
Carburants et combustibles gazeux Facteur d’émission
(tonnes métriques en
équivalent CO2 par millier de mètres cubes)
Gaz naturel 1,889
Gaz naturel compressé 1,923
Biométhane 0,011
Gaz de distillation (raffinerie) 1,757
Carburants et combustibles solides Facteur d’émission (tonnes métriques en
équivalent CO2 par tonne métrique)
Coke de charbon 2,487
Coke de pétrole 3,454
Charbon 2,397

Liens utiles :

Retour en haut

La contribution du marché du carbone à l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de GES

Pour évaluer l’atteinte d’une cible, il est nécessaire de calculer le bilan net des émissions de GES à partir de deux composantes :

  • Le niveau des émissions de GES au Québec en 2020, tel que comptabilisé par l’inventaire québécois des émissions de GES;
  • Le flux net annualisé pour 2020 des achats et des ventes de droits d’émission entre le Québec et la Californie dans le cadre du marché du carbone commun.

L’achat de droits d’émission délivrés par un gouvernement partenaire (ex. : la Californie) par les émetteurs visés par le SPEDE du Québec permet à ce dernier d’acquérir les réductions qui correspondent à ces droits et de les soustraire du niveau des émissions de GES de l’inventaire pour témoigner de l’atteinte de sa cible. L’inverse est aussi vrai pour les droits délivrés par le Québec et qui sont utilisés par les émetteurs d’un gouvernement partenaire. Ce sont donc les achats et les ventes nets (appelés « flux net ») qui sont comptabilisés, en combinaison avec l’inventaire des émissions de GES, pour évaluer l’atteinte de la cible du Québec.

Afin de déterminer leur part respective des réductions d’émissions réalisées dans le marché du carbone conjoint, le Québec et la Californie ont élaboré une méthodologie de calcul du flux net des échanges de droits d’émission entre leurs territoires. Cette comptabilisation permet d’éviter qu’il y ait une double revendication des réductions d’émissions de GES.

Liens utiles :

Retour en haut

En savoir plus

Documentation

Sites d'intérêt