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Faits saillants

Juillet 2023 : le mois le plus chaud des archives au Québec, marqué par des pluies records et la poursuite d’un feu de forêt historique

Juillet 2023 a été le mois le plus chaud depuis au moins 1921 au Québec, sa température moyenne de 17,2 °C surpassant de 0,1 °C celle de juillet 2020 et de 2,7 °C la normale1. Il a aussi offert les jours les plus chauds des archives. Le maximum moyen du 4 juillet (29,1 °C) et la température moyenne du 5 (21,9 °C) ont respectivement surpassé de 10,3 et de 7,6 °C la normale et de 0,1 °C les précédents records (tous deux enregistrés le 18 juillet 2005), à l’échelle du Québec. De même, le précédent record de chaleur quotidien a été battu tous les jours du 3 au 23 et ce mois a été le plus chaud observé à l’échelle planétaire. Poursuivant le sixième début d’année le plus chaud observé au Québec, juillet s’est ouvert sur la troisième canicule de 2023, au cœur d’une séquence de 40 jours anormalement chauds (du 17 juin au 26 juillet). Il s’en est fallu de peu que le record de chaleur mensuel ne soit plus largement battu, la température moyenne en juillet chutant de 0,7 °C lors de ses cinq derniers jours, les seuls sous la normale, à l’échelle du Québec, et marqués par un gel estival en Abitibi (0,0 °C le 31 à La Morandière). Juillet 2023 est alors tombé de 0,4 à 0,8 °C derrière juillet 2018, 2020 et 1921 au sud de la province, mais sa température moyenne a cette année été 0,7 °C plus anormale au nord de la province, lieu du maximum absolu de ce mois (37,2 °C le 4 près de Radisson) et du plus grand brasier de l’histoire du Québec. Celui-ci a ravagé plus d’un million d’hectares de forêt boréale à l’est de la baie James, alors que le sud de la province était frappé par des pluies records par endroits.

Juillet 2023 en chiffres
1er  mois le plus chaud en au moins 103 ans au Québec (4e au sud)
1er  jour le plus chaud en au moins 103 ans au Québec, le 5
6e  début d’année le plus chaud au Québec (6e au sud)
2,7  °C plus chaud que la normale en juillet au Québec (2,2 °C de plus que la normale au sud)
37,2  °C au maximum le 4 près de Radisson, au Nord-du-Québec
15e  mois de juillet le plus pluvieux en au moins 104 ans au Québec (16e au sud)
123  % de la pluie normale en juillet en moyenne au Québec (116 mm, 122 % au sud avec 140 mm)

Le record local de chaleur pour un mois de juillet a été battu à plusieurs endroits, dans plusieurs régions, par un écart atteignant jusqu’à 2,4 °C sur la Côte-Nord (17,5 vs 15,1 °C en 2020 à Schefferville), 1,7 °C au Nord-du-Québec (15,7 vs 14,0 °C en 1959 et 1993 à Kuujjuaq), 1,3 °C au Bas-Saint-Laurent (21,8 vs 20,5 °C en 2010 à Sainte-Rose-du-Dégelis) et 0,9 °C en Gaspésie (21,3 vs 20,4 °C en 2018 à Saint-René-de-Matane). Le record pour un mois de juillet a aussi été battu, mais par un écart plus serré, au Saguenay—Lac-Saint-Jean (20,5 vs 20,3 °C en 2020 au parc national de la Pointe-Taillon) et dans la Chaudière-Appalaches (20,8 vs 20,7 °C en 2020 à Saint-Côme–Linière). La moyenne mensuelle a été plus élevée dans les régions du sud-ouest, atteignant jusqu’à 23,6 °C à Longueuil en Montérégie, mais il y avait déjà fait plus chaud à quelques reprises (record de 25,2 °C en juillet 2018). Le maximum a surpassé de 2,5 °C la normale en moyenne au Québec, mais la chaleur a été encore plus anormale de nuit, avec un minimum moyen 3,1 °C supérieur à la normale.

Le nord brûle, alors que le sud est inondé

Le temps violent a été fréquent avec en au moins un point du Québec des orages pratiquement tous les jours de ce mois (excepté le 29 et le 31) et de la grêle un jour sur deux lors des deux premières semaines. Le total de pluie a surpassé les 300 mm, a largement dépassé le record local dans plusieurs régions et a été en moyenne au Québec (116 mm) le quinzième plus élevé des 104 derniers mois de juillet, à 123 % de la normale. Le total de pluie enregistré à Coaticook en Estrie (352 mm à Dixville) a battu par près de 30 mm la précédente marque régionale (323 mm en juin 2008 à Saint-Malo) et s’est approché d’autant du record absolu observé à l’échelle du Québec (379 mm en avril 2005 à Petite-Rivière-Saint-François), au cinquième rang des archives. L’Estrie a souffert d’inondations répétées, tout comme l’État voisin du Vermont, au sud de la frontière. Un record mensuel de pluie a aussi été enregistré par endroits en Mauricie (343 vs 261 mm en août 1965 à Sainte-Anne-de-la-Pérade), dans la Capitale-Nationale (340 vs 307 mm en mai 1983 à Saint-Raymond), au Centre-du-Québec (336 vs 266 mm en mai 1983 à Bécancour), en Montérégie (284 vs 207 mm en octobre 2005 à Hemmingford), dans les Laurentides (256 vs 250 mm en juin 2014 à Lachute) et au Saguenay—Lac-Saint-Jean (277 vs 260 mm en septembre 2010 à Rivière-Éternité), où deux personnes ont été emportées par un glissement de terrain, causé par des pluies d’une période de retour de plus de 200 ans. Le record de pluie en juillet (mais pas pour tous les mois) a aussi été battu à Montréal (261 vs 246 mm en juillet 1958 et 288 mm en novembre 1927 à l’Université McGill) et dans la Chaudière-Appalaches (270 vs 236 mm en juillet 1976 et 277 mm en août 1971 à Honfleur). Le total a été le deuxième plus élevé observé en juillet à Québec (260 vs 307 mm en juillet 1992 à Sainte-Foy et 328 mm en juin 1957 à Charlesbourg).

Au contraire, la pluie a été peu abondante dans certains secteurs en juillet à la suite de la séquence mai-juin la plus sèche à l’échelle du Québec, notamment au Nord-du-Québec, où plusieurs feux de forêt majeurs étaient actifs. Radisson a reçu moins de pluie que la normale en juillet (63 mm, 77 % de la normale) et un minimum record de précipitations depuis mai (84 vs 96 mm en 1989). Lebel-sur-Quévillon a aussi reçu moins de pluie que la normale en juillet (70 mm, 57 % de la normale) et un minimum record depuis mai (119 vs 158 mm en 1953). La situation s’est cependant améliorée à Chapais, où des pluies normales en juillet (137 mm, 105 % de la normale) ont ramené la période de mai à juillet au quatrième rang des moins pluvieuses (196 vs 161 mm en 1972), et à Kuujjuarapik, où la pluie a même été abondante en juillet (141 mm, 183 % de la normale). En Abitibi, Rouyn-Noranda a reçu un minimum record de pluie en juillet (42 vs 43 mm en 1981, à Mont-Brun) et un second minimum de mai à juillet (147 vs 131 mm en 1953). Val-d’Or en est toujours à un minimum record depuis mai (161 vs 169 mm en 2001), malgré un total normal en juillet (93 mm, 97 % de la normale). L’Abitibi et le Témiscamingue ont d’ailleurs connu des conditions fort différentes, Ville-Marie recevant pratiquement un maximum record de pluie en juillet (177 vs 178 mm en juillet 1955).

Chronologie des événements

Le 1er juillet, la pluie dépasse la normale mensuelle dès les premières heures de ce mois à Rivière-Éternité au Saguenay—Lac-Saint-Jean, 136 mm tombant durant la journée, la majeure partie étant reçue en deux heures, entre 11 h et 14 h, un événement d’une période de retour que l’on estime supérieure à 200 ans à cet endroit, où la précédente plus importante pluie sur deux heures avait été trois fois moindre (46 mm du 13 au 14 juillet 2016). Deux personnes meurent tragiquement après avoir été emportées par un glissement de terrain, qui a causé l’affaissement de la route 170, aux abords de la rivière Éternité. Près de 200 campeurs doivent aussi être évacués par hélicoptère du parc national du Fjord-du-Saguenay. Il s’agissait du plus fort total de pluie quotidien de ce mois pour l’ensemble du Québec. Des orages éclatent dans pratiquement toutes les régions du Québec. De la pluie abondante est aussi observée en Montérégie et dans les Laurentides, le total variant entre 60 et 79 mm à Hemmingford, Frelighsburg, Ormstown, Saint-Anicet et Saint-Hippolyte, et les vents atteignent jusqu’à 89 km/h à Montréal. Les orages se poursuivent le lendemain au Saguenay—Lac-Saint-Jean, avec de la grêle, notamment à Saint-Prime.

Du 2 au 8 juillet, la troisième canicule de l’année affecte notamment La Macaza dans les Laurentides (du 2 au 6), Saint-Côme–Linière dans la Chaudière-Appalaches (du 4 au 8) et Sainte-Rose-du-Dégelis et Rivière-Bleue au Bas-Saint-Laurent (du 4 au 8). Elle couvre cependant plus largement le Nord-du-Québec, l’Abitibi-Témiscamingue, l’Outaouais, le nord de la Mauricie, le Saguenay—Lac-Saint-Jean et le nord de la Côte-Nord, ainsi que la Montérégie, Drummondville et Québec. Le maximum absolu de ce mois (37,2 °C) est observé le 4 près de Radisson au Nord-du-Québec, alors qu’en moyenne à l’échelle du Québec (29,1 °C), il surpasse de 0,1 °C le précédent record et de 10,3 °C la normale. La température moyenne au Québec, plus élevée le lendemain (21,9 °C), est la plus élevée jamais observée et 7,6 °C supérieure à la normale, au moment où le maximum moyen au sud de la province (31,8 °C) y est le troisième plus élevé des archives.

Le 3 juillet, des orages génèrent notamment de la grêle en Outaouais, à Chénéville, alors que la pluie atteint jusqu’à 50 mm dans la région voisine des Laurentides, à Saint-Faustin–Lac-Carré. L’intensité des précipitations atteint 41 mm en seulement 30 minutes à Saint-Raymond, dans la Capitale-Nationale. Il s’agit de la pluie la plus intense de ce mois sur cette durée, de même que sur 10 et 15 minutes (26 et 33 mm).

Le 4 juillet, les orages génèrent de la grêle en Estrie, à Bonsecours, et des vents violents atteignant 77 km/h à Tingwick au Centre-du-Québec, localité qui reçoit aussi les plus fortes pluies de l’événement, avec 37 mm essentiellement tombés en une heure.

Du 5 au 7 juillet, des orages progressent du nord-ouest à l’est de la province, générant de nouveau de la grêle le 6 au Bas-Saint-Laurent, à Sayabec, et le 7 en Gaspésie, à Saint-Alexis-de-Matapédia, lieu des pluies les plus intenses de ces orages, le total de 53 mm y tombant en deux heures seulement. Le maximum de pluie est cependant observé en Montérégie, à Hemmingford, où il atteint 95 mm, soit 13 mm de moins que le total de pluie normalement reçu durant le mois en entier, qui est ainsi déjà dépassé après les six premiers jours de ce mois.

Du 10 au 11 juillet, Sainte-Anne-de-la-Pérade en Mauricie reçoit en 15 heures 125 mm de pluie, son total normal en juillet, sur un cumul de 147 mm en une journée et demie et de 159 mm du 9 au 11. La municipalité voisine de Lac-aux-Sables en reçoit autant dans l’intervalle. Le total dépasse d’ailleurs aussi les 100 mm à plusieurs endroits dans la Capitale-Nationale (à Québec, Saint-Raymond et dans Charlevoix), en Estrie (où il cause des inondations à Sherbrooke), au Centre-du-Québec (Bécancour) et au Bas-Saint-Laurent (Rivière-Bleue). Il dépasse aussi les 75 mm dans la Chaudière-Appalaches et au Saguenay—Lac-Saint-Jean. En plus de la pluie et des éclairs, les orages génèrent de la grêle le 11 à Low en Outaouais, privent d’électricité plus de 50 000 foyers, forcent l’annulation de spectacles extérieurs à Québec, coupent des routes et entraînent l’évacuation de près de 1 000 personnes.

Le 13 juillet, une nouvelle série d’orages amène un maximum de pluie à Montréal, avec 82 mm dont 75 mm en deux heures entre 15 h et 17 h à l’Université McGill, de nouveau à Sainte-Anne-de-la-Pérade en Mauricie, avec 83 mm dont 60 mm en deux heures, et à Notre-Dame-du-Rosaire au Bas-Saint-Laurent, avec 91 mm en six heures le lendemain. Le total dépasse aussi les 80 mm par endroits au Centre-du-Québec (Bécancour et Nicolet), dans la Chaudière-Appalaches (Armagh) et au Bas-Saint-Laurent (Saint-Elzéar-de-Témiscouata) et se situe autour de 60 mm à Québec et à Champlain en Mauricie, qui reçoit aussi de la grêle. Une tornade touche Mirabel, alors que les rafales de vents atteignent 110 km/h à Montréal (aéroport international Montréal-Trudeau), 90 km/h à Saint-Anicet, et dépassent 70 km/h au lac Memphrémagog, à l’île d'Orléans et à L'Assomption dans Lanaudière. Les fortes pluies causent des inondations et la surverse d’eaux usées dans des cours d’eau de la région montréalaise et les forts vents privent d’électricité près de 207 000 demeures et établissements.

Le 16 juillet, Coaticook, en Estrie, reçoit 108 mm de pluie, la majeure partie tombant en 12 heures (97 mm) dans le secteur de Dixville, là aussi l’équivalent d’un mois de pluie en quelques heures causant des inondations. Il en tombe aussi plus de 60 mm par endroits dans la Capitale-Nationale (65 mm à Saint-Raymond), plus de 50 mm dans la Chaudière-Appalaches (57 mm à Thetford Mines) et 45 mm en Mauricie, où Sainte-Anne-de-la Pérade voit son record de pluie mensuel égalé à la mi-mois. Les 17 et 18, Kuujjuarapik, au Nord-du-Québec, en reçoit 82 mm.

Le 21 juillet, Saint-Jean-sur-Richelieu (L’Acadie) en Montérégie reçoit 81 mm de pluie en moins de deux heures entre 14 h et 16 h, sur un total de 102 mm pour la journée. Près de Joliette (Saint-Norbert) dans Lanaudière, 48 mm de pluie sont aussi enregistrés en deux heures entre 14 h et 16 h sur un total de 74 mm durant la journée, alors que la presse fait état de quantités supérieures. L’évacuation d’un centre commercial et des refoulements d’égout sont notamment rapportés. La vitesse des vents atteint notamment une pointe de 95 km/h à Sainte-Clotilde en Montérégie. La tempête, qui a aussi laissé jusqu’à 103 mm de pluie au nord de l’Outaouais, se déplace vers l’est et amène 122 mm de pluie dans la réserve faunique de Dunière au Bas-Saint-Laurent et des vents atteignant 74 km/h à New Richmond en Gaspésie le lendemain.

Le 24 juillet, des orages localisés génèrent de la grêle à Litchfield en Outaouais et de la pluie intense à Arundel dans les Laurentides, avec 40 mm en seulement 30 minutes sur un total de 57 mm tombés en six heures.

Le 26 juillet, la pluie tombe de nouveau le plus intensément et abondamment sur l’Outaouais, alors que cette fois, Notre-Dame-de-la-Paix reçoit les intensités maximales de pluie les plus élevées de ce mois sur 30 minutes et sur une, deux et six heures (41, 57, 81 et 92 mm). Des orages sont rapportés dans plusieurs autres régions et apportent notamment 56 mm de pluie sur Ville-Marie en Abitibi-Témiscamingue, dont plus de la moitié (29 mm) en 30 minutes. Coaticook, en Estrie, en reçoit 49 mm supplémentaires dans le secteur de Dixville.

Le 28 juillet, de nouveaux orages laissent cette fois un maximum de pluie sur Coteau-du-Lac en Montérégie, soit 75 mm, dont près de la moitié (35 mm) en 30 minutes. Coaticook, en Estrie, en reçoit 58 mm supplémentaires dans le secteur de Dixville. Les vents atteignent une pointe à 72 km/h à Saint-Elzéar-de-Témiscouata au Bas-Saint-Laurent.

L’année 2023

Après ses sept premiers mois, 2023 est la sixième année la plus chaude des 104 dernières, avec une anomalie moyenne de 1,6 °C, autant à l’échelle du Québec qu’à celle du sud de la province. Les seuls débuts d’année plus chauds des archives sont tous très récents, soit depuis 1998.

Ce début d’année a d’abord été sec, laissant moins de neige que la normale au sud de la province (119 cm, -15 cm par rapport à la normale) et à l’échelle du Québec (89 cm, -40 cm – voir le texte de mai pour plus de détails) et peu de pluie, mais le retard de ce côté a été presque à moitié comblé en juillet, à l’une (313 mm, -41 mm par rapport à la normale) et l’autre (238 mm, -27 mm) de ces échelles. C’est même désormais un surplus de pluie important qui a été reçu en Montérégie, en Estrie, au Centre-du-Québec, et au sud des Laurentides, de Lanaudière, de la Mauricie et de la Capitale-Nationale, alors que la pluie avait manqué pratiquement partout de janvier à juin. Cela demeurait cependant le cas par endroits notamment en Abitibi, à l’est de la baie James, sur la Côte-Nord et dans la Chaudière-Appalaches.

Température maximale (°C)
Température moyenne (°C)
Température minimale (°C)
Pluie totale (mm)
Température maximale (°C) - Anomalie
Température moyenne (°C) - Anomalie
Température minimale (°C) - Anomalie
Pluie (%) Pourcentage de la normale
TTempérature maximale (°C) - Classification
Température moyenne (°C) - Classification
Température minimale (°C) - Classification


Sommaire mensuel géostatistique pour le Québec

Juillet 2023 Moyenne Anomalie1 Classification
Température maximale (°C) 22,4 2,5 Exceptionnellement chaud
Température moyenne (°C) 17,2 2,7 Extrêmement chaud
Température minimale (°C) 11,8 3,1 Extrêmement chaud


1 La normale de 1981 à 2010 est la référence dans ce texte, à moins d’indication contraire.