Ministère de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques
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Portrait régional de l’eau

Chaudière-Appalaches (Région administrative 12)

1. Portrait socio-économique de la région

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières
2.2 Lacs

2.3 Barrages

2.4 Inondations

2.5 Références

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières
3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.3 Références des publications les plus récentes


1. Portrait socio-économique de la région

La région de la Chaudière-Appalaches, créée en 1987, se situe au centre-sud du Québec. Elle est délimitée à l’ouest par les régions de l’Estrie et du Centre-du-Québec et à l’est par la région du Bas-Saint-Laurent. Le fleuve Saint-Laurent constitue la limite nord de la région et la frontière canado-américaine (État du Maine), la limite sud. La région peut être divisée, du nord au sud, en trois ensembles géomorphologiques. La zone nord, qui jouxte le fleuve, consiste en une plaine côtière faisant partie des basses-terres du Saint-Laurent. Au sud de cette plaine, le relief s’accentue en une série de crêtes et de terrasses rocheuses. Celles-ci mènent, plus au sud, au plateau appalachien, constitué de collines plus ou moins vallonnées faisant partie de la chaîne des Appalaches. Il faut noter la présence dans cet axe nord-sud de deux importantes vallées, soit la vallée de la Chaudière et celle de l’Etchemin.

Source : Carte tirée de l'Atlas du Québec et de ses régions à l'adresse Internet : http://www.atlasduquebec.qc.ca

Source : Carte tirée de l’Atlas du Québec et de ses régions à l’adresse Internet : http://www.atlasduquebec.qc.ca

La région de la Chaudière-Appalaches a une population de 391 087 personnes réparties dans 159 municipalités, elles-mêmes regroupées dans 11 MRC. Les municipalités régionales de comté (MRC) Desjardins et Les Chutes-de-la-Chaudière regroupent 33 % de la population régionale. À l’extrême sud de la région, les MRC L’Amiante et Beauce-Sartigan constituent également des pôles démographiques importants et concentrent environ 24 % de la population.

En 1995, le territoire forestier couvrait 72,8 % de la région de la Chaudière-Appalaches, dont 14 % en forêt publique et 86 % en forêt privée. Le territoire agricole, incluant les boisés, représentait, en 1997, 34,1 % du territoire de cette région.

Le secteur primaire, dominé par l’agriculture, la forêt et les mines, occupe une position avantageuse dans la structure économique de la région. L’industrie manufacturière y est diversifiée et dynamique. En 1998, on trouvait dans la région de la Chaudière-Appalaches 1 155 établissements manufacturiers dans la région tandis que, en 1997, 45 établissements miniers y étaient en exploitation (incluant les carrières et sablières de grande importance).

Tableau 1.1 : Population par division administrative

Division administrative

Population

(2000)

MRC Beauce-Sartigan

48 831

MRC Bellechasse

30 127

MRC Desjardins

51 996

MRC L’Amiante

45 084

MRC L’Islet

20 120

MRC La Nouvelle-Beauce

25 785

MRC Les Chutes-de-la-Chaudière

80 035

MRC Les Etchemins

18 350

MRC Lotbinière

27 530

MRC Montmagny

24 112

MRC Robert-Cliche

19 117


Tableau 1.2 : Caractéristiques territoriales et socio-économiques de la région

Caractéristique

Donnée

Population totale1

391 087

(2000)

Superficie du territoire1 (km2)

15 118

(2000)

Nombre de MRC2

11

(1998)

Nombre de municipalités et territoires équivalents1

159

(2000)

Nombre d’établissements manufacturiers3

1 155

(1998)

Nombre d’établissements miniers* en exploitation4

45

(1997)

Pourcentage du territoire en forêt4 (%)

72,8

(1995)

Pourcentage du territoire en agriculture5 (%)

34,1

(1997)

Taux de chômage2 (%)

7,3

(1997)

Revenus moyens totaux des particuliers2 ($)

22 316

(1996)

Emplois2 : secteur primaire (%)
secteur secondaire (%)
secteur tertiaire (%)

7,9
30,2
62,0

(1997)
(1997)
(1997)

* : Incluant les carrières, les sablières et les tourbières.

Sources : 

  1. Ministère des Affaires municipales et de la Métropole. 
  2. Institut de la statistique du Québec.
  3. Centre de recherche industrielle du Québec.
  4. Ministère des ressources naturelles.
  5. Statistique Canada.

Table des matières

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières

On trouve, dans la région de la Chaudière-Appalaches, 2 zones hydrographiques d’importance, soit la zone nord, où les eaux s’écoulent vers le fleuve Saint-Laurent, et la zone sud, de moindre superficie, où les eaux s’écoulent vers la rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) et de là vers l’océan. La ligne de partage des eaux se situe au sommet des Appalaches, selon un axe sud-ouest–nord-est.

Les principales rivières de la région de la Chaudière-Appalaches sont la rivière Chaudière, la rivière Etchemin et la rivière du Sud. Quant au fleuve Saint-Laurent, il longe la région sur une distance de 160 km et son débit moyen, à cette hauteur, est de 12 600 m3/s. Dans la portion aval de ce tronçon, on enregistre un début de salinité.

La région se caractérise également par le grand nombre de cours d’eau qu’on y trouve. Outre les rivières importantes mentionnées précédemment, un peu plus de 1 000 cours d’eau sont inscrits au répertoire toponymique et plus de 2 300 autres sont répertoriés à la Société de la faune et des parcs du Québec, sans compter les cours d’eau de très petite dimension.


Tableau 2.1 : Caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région

Rivière

Débit moyen
(m3/s)

Débit maximal
(m3/s)

Débit minimal
(m3/s)

Station1 mesure

Années observées
(nb)

Période observée

Chaudière

115,00

2140,0

3,00

023402

81

1915-1996

Etchemin

27,00

481,0

0,65

023303

69

1927-1996

du Sud

20,50

458,0

0,10

023106

30

1966-1996

Petite rivière du Chêne

6,60

212,0

0,60

023701

24

1972-1996

Boyer

4,24

39,6

0,21

023003

03

1993-1996

Source : Direction du milieu hydrique, ministère de l’Environnement.

1. Il faut consulter l’annuaire hydrologique 1994-1995 du ministère de l’Environnement pour connaître l’endroit exact de la station de mesure.

Note : Le ministère de l’Environnement ne possède aucune donnée quantitative pour la rivière du Chêne.

2.2 Lacs

Les lacs de la région sont caractérisés par une faible profondeur moyenne et une productivité élevée (mésotrophes ou eutrophes). Compte tenu de leur alcalinité naturelle élevée, ils sont également considérés comme peu sensibles à l’acidification. Même si 625 lacs sont répertoriés dans la région de la Chaudière-Appalaches, la grande majorité de ceux-ci sont de très petite superficie (moins de 10 hectares) et 329 seulement apparaissent au répertoire toponymique. On y trouve tout de même 19 lacs de plus de 100 hectares (1 km2).


Tableau 2.2 : Vocation et utilisation des principaux lacs de la région

Lac

Superficie (km2)

Vocation/Utilisation

Saint-François

47,14

villégiature, pêche, parc

Aylmer

31,12

villégiature, pêche, prise d’eau de Beaulac

Portage

3,78

pêche

Sainte-Anne

3,03

villégiature, pêche

Trois-Saumons

2,54

villégiature, pêche

Etchemin

2,51

villégiature, prise d’eau de Lac Etchemin

Breeches

2,46

villégiature, pêche

Truite, à la (Saint-Méth.)

2,40

villégiature, pêche, prise d’eau de Thetford Mines

Huit, du

2,35

villégiature, pêche

Leverrier

1,76

pêche

Fortin

1,58

villégiature, pêche, prise d’eau envisagée par Beauceville

Caribou

1,40

villégiature, pêche

Therrien

1,27

villégiature, pêche

Truite, à la (Irlande)

1,24

villégiature, pêche

Abénakis, des

1,14

villégiature, pêche

Canards, aux

1,09

villégiature, pêche

Bolduc

1,08

villégiature, pêche

Frontière

1,06

villégiature, pêche

Talon

1,06

pêche

Source : Direction du milieu hydrique et Direction régionale de la Chaudière-Appalaches du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec.

Table des matières

2.3 Barrages

Des 355 barrages érigés dans la région de la Chaudière-Appalaches, 236 (66,5 %) servent à des fins de villégiature et 309 (87,1 %) sont des propriétés privées. Pour plus de détails, on peut consulter le tableau A.1 en annexe.

Parmi ceux-ci, une dizaine mesurent plus de 10 mètres de hauteur. Le plus haut est le barrage Jules-Allard, situé sur le lac Saint-François. Il est utilisé à des fins de production hydroélectrique, de villégiature et de contrôle des inondations, sa hauteur est de 18,5 mètres et il est géré par le ministère de l’Environnement. Vient ensuite le barrage situé sur le ruisseau de l’Aqueduc et appartenant à la ville de Thetford Mines, qui est d’une hauteur d’environ 14 mètres. Enfin, le barrage Sartigan, géré lui aussi par le ministère de l’Environnement, mesure 12,8 mètres. Il est situé sur la rivière Chaudière et sert essentiellement au contrôle des glaces.

Les plus importants réservoirs de cette région sont formés par le lac Saint-François et le lac Breeches. Le premier est le réservoir du barrage Jules-Allard et contient 740 millions de mètres cubes d’eau. Ce lac chevauche la limite entre la région de la Chaudière-Appalaches et celle de l’Estrie. Le second est le réservoir du barrage situé sur le lac Breeches, qui appartient au club de chasse et pêche du comté de Wolfe. Il retient 4 millions de mètres cubes d’eau.

Parmi les barrages susmentionnés, 8 ont pour fin la production d’énergie hydroélectrique. Outre la centrale Innergex, aux chutes de la Chaudière, qui sera traitée séparément, on trouve une centrale sur la rivière des Abénakis (centrale du Moulin), une sur la rivière Etchemin (centrale Jean-Guérin), une sur la rivière Armagh (barrage Armagh) et 3 sur la rivière du Sud (Montmagny, Arthurville et Saint-Raphaël). Le cas de cette dernière rivière est préoccupant puisque la multiplication de centrales sur un même cours d’eau risque de provoquer des effets synergiques peu connus. Enfin, le barrage Jules-Allard a aussi été classé dans la catégorie des barrages hydroélectriques.

2.3.1 Aménagement hydroélectrique des chutes de la Chaudière par la société en commandite Innergex, MRC Les Chutes-de-la-Chaudière

Il s’agit d’un barrage créant un réservoir de 410 000 m2 et d’une centrale d’une puissance de 24 MW sur le site des chutes de la Chaudière, dans les municipalités de Charny et Saint-Nicolas. Le barrage et la centrale sont reconstruits au même endroit que les anciennes installations qui ont été en fonction de 1901 à 1969. Cette reconstruction s’inscrit dans le plan directeur d’aménagement du Parc des Chutes-de-la-Chaudière. La nouvelle centrale est en exploitation depuis mars 1999.

Les principaux enjeux environnementaux sont :

2.3.2 Aménagement de barrages rétractables sur la rivière Chaudière

Quatre projets d’aménagement de barrages rétractables sur la rivière Chaudière seraient actuellement en préparation (Saint-Georges, Beauceville, Saint-Joseph, Scott). À ce jour, seuls les projets de barrage à Scott et à Saint-Georges ont été déposés au ministère de l’Environnement, conformément à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement. Conformément à cette procédure, le ministère analyse actuellement la recevabilité des 2 études d’impact.

Selon le promoteur, ces barrages permettraient la création de plans d’eau sur des tronçons de la rivière Chaudière et favoriserait le développement récréotouristique.

2.4 Inondations

La rivière Chaudière est sujette à des inondations périodiques. De 1915 à 1991, on a enregistré 19 crues dont le débit à Saint-Lambert a dépassé 1 300 m3/s, soit le seuil d’inondation en eau libre pour le tronçon Beauceville-Scott, dit « des Eaux Mortes ». Dix de ces 19 crues se sont produites entre 1971 et 1991.

Les causes des inondations sont multiples et l’importance relative de chacune difficile à quantifier. Les caractéristiques physiques du bassin et les conditions climatiques qui prévalent une année donnée sont, au premier chef, responsables des inondations. En effet, la pente élevée de la rivière Chaudière dans sa partie amont (Lac Mégantic–Saint-Georges) et la pente également élevée des tributaires, combinées au sol assez imperméable (donc favorable au ruissellement) du bassin versant, provoquent une évacuation rapide des eaux vers la moyenne Chaudière, qui est un secteur plat à écoulement lent. De plus, il y a peu de lacs pour amortir l’onde de crue. Cette situation occasionne, pour le secteur des Eaux Mortes, des inondations qui entraînent, certaines années, des dommages appréciables pour les municipalités de ce secteur. Pour montrer la spécificité de la crue printanière sur la Chaudière, mentionnons que le volume d’eau de la crue printanière représente 60 % de l’écoulement annuel, alors que celui-ci varie de 35 à 50 % dans le cas des autres bassins versants du sud du Québec.

Il existe plusieurs zones d’inondation entre Saint-Georges et Scott. Ces inondations sont provoquées par des eaux libres ou par embâcle.

Le problème d’inondation par embâcle à Saint-Georges était particulièrement sérieux. C’est pourquoi le gouvernement du Québec a construit, en 1967, le barrage Sartigan sur la rivière Chaudière, en amont de Saint-Georges, afin de retenir les glaces et le frasil de la rivière à cet endroit et d’empêcher la formation d’embâcle. Un petit réservoir s’est créé en amont du barrage, mais il contient si peu d’eau (1,7 m3) qu’il ne peut avoir d’influence significative sur la régularisation du débit de la rivière.

Outre les causes naturelles, les pratiques de développement des ressources du milieu (drainage routier, forestier et agricole, déboisement, imperméabilisation des surfaces, etc.), qui ne tiennent pas toujours compte de leurs effets potentiels sur le ruissellement et l’érosion dans le bassin versant, ont un effet sur les inondations. En termes quantitatifs cependant, il est difficile d’en déterminer l’importance réelle, faute d’études détaillées en ce sens.

2.5 Références

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1998. Gestion hydraulique de l’aménagement du lac Mégantic, Québec, Direction de l’hydraulique, Service gestion et protection des systèmes hydrauliques (version préliminaire).

TECSULT INC., 1994. Étude de modélisation du bassin versant de la rivière Chaudière, rapport final, Gouvernement du Québec, Ministère de la Sécurité publique, Environnement Canada-Région de Québec.

Table des matières

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières

La carte qui suit illustre la qualité de l’eau mesurée au cours des étés 1995 à 1997 aux stations d’échantillonnage du ministère de l’Environnement situées dans la région administrative de la Chaudière-Appalaches. Les résultats ont été obtenus à partir de l’indice bactériologique et physico-chimique de l’eau (IQBP), qui intègre les neuf indicateurs suivants : azote ammoniacal, chlorophylle a, coliformes fécaux, demande biochimique en oxygène, matières en suspension, nitrites et nitrates, phosphore total, saturation en oxygène et turbidité.

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de la Chaudière-Appalaches

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de la Chaudière-Appalaches

La qualité de l’eau d’une rivière est directement liée aux activités qui ont lieu dans son bassin hydrographique. Le tableau 3.1 présente, par bassin hydrographique, les pressions de pollution les plus significatives : la superficie cultivée, la densité animale, le nombre d’industries avec rejets au cours d’eau, la population totale, le pourcentage de cette population qui est raccordée à un réseau d’égouts et le pourcentage de cette même population qui est desservie par une station municipale d’épuration des eaux usées.

Les problématiques particulières sont présentées par bassin versant à la section 3.2. Une liste des publications récentes du ministère de l’Environnement se rapportant aux rivières de la région est incluse à la section 3.3.


Tableau 3.1 : Synthèse des données de pression de pollution par bassin hydrographique

Bassin

Superficie du bassin
(km2)

Superficie cultivée1
(%)

Cheptel1
(u.a. par hectare cultivé)

Industries avec rejet au cours d’eau2
(nb)

Population totale1
(nb)

Population desservie par3 :

un réseau d’égouts
(%)

une station d’épuration
(%)

Chaudière

6 682

13,3

2,0

75

173 129

66,0

63,0

Bécancour

2 616

27,9

1,2

n.d.

66 298

68,2

67,7

du Sud

1 926

12,6

1,2

n.d.

28 230

66,2

57,8

Etchemin

1 466

18,9

3,0

9

42 250

74,1

74,1

Ouelle

860

1,7

0,9

n.d.

5 510

n.d.

2 6834

du Chêne

785

n.d.

n.d.

n.d.

9 427

n.d.

3 8284

Boyer

217

60,0

1,8

0

4 100

35,2

27,5

1. Source : Dernier recensement quinquennal disponible de Statistique Canada (1996).
2. Industries raccordées à un réseau d’égouts et celles dont les effluents sont rejetés directement au cours d’eau.
3. Source : Ministère des Affaires municipales et de la Métropole, Service du suivi de l’exploitation, décembre 1998.
4. Nombre d’individus.

u.a. : unités animales. Le cheptel est rapporté en unités animales, c’est-à-dire l’équivalent d’un poids de 500 kg. À titre d’exemple, une unité animale équivaut à une vache ou 4 truies ou 125 poules ou 1 500 cailles, etc. (Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole).
n.d. : non disponible.

3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.2.1 Fleuve Saint-Laurent

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent est jugée satisfaisante selon l’IQBP (voir carte). Il subsiste néanmoins des problèmes de contamination bactériologique qui rendent la baignade non sécuritaire en certains endroits. Ce problème est causé entre autres par la pollution diffuse (d’origine agricole) provenant des principaux tributaires, notamment la Chaudière, et par les débordements d’eaux usées non traitées provenant, par temps de pluie, des différents réseaux d’égouts municipaux de la rive sud. Les utilisateurs risquent donc de contracter des maladies liées à une eau microbiologiquement contaminée (gastro-entérite, otite, dermatite, conjonctivite).

3.2.2 Rivière Chaudière

La pollution diffuse d’origine agricole constitue un problème important dans certains tributaires tels que le Bras Saint-Victor et la rivière Savoie de même que dans la partie aval du bassin versant. Ce dernier secteur comprend le sous-bassin de la rivière Beaurivage, où l’élevage du porc est dominant. La dégradation ou l’absence de bandes riveraines de végétation, souvent liées aux activités agricoles, constitue également une source de dégradation de la qualité de l’eau (matières nutritives, matières en suspension et coliformes fécaux) et des habitats de la rivière Chaudière.

Également, les pressions proviennent en grande partie des industries du secteur du textile et de l’agroalimentaire. Quant à l’assainissement urbain, il est à toutes fins pratiques complété.

3.2.3 Rivière Boyer

Tous les cours d’eau du bassin sont détériorés, principalement en raison des activités agricoles. La rivière Boyer était jadis la principale frayère à éperlan dans le moyen estuaire du Saint-Laurent. En raison de la destruction de cette frayère, l’éperlan aura bientôt le statut d’espèce vulnérable au Québec. Au plan économique, les matières perdues par l’activité agricole dans le bassin versant de la rivière Boyer représentent une perte annuelle appréciable de valeurs fertilisantes mais, en plus, elles entraînent annuellement un manque à gagner significatif relié à la faune affectée.

En ce qui concerne les rejets urbains, toutes les municipalités du bassin de la rivière Boyer sont dotées de stations d’épuration.

Par ailleurs, l’artificialisation des tributaires de la rivière Boyer a été occasionnée sur 73 % de tout le réseau hydrographique par des travaux d’aménagement à des fins agricoles. Ces travaux consistaient à redresser, recalibrer et reprofiler le tracé des cours d’eau pour accélérer l’égouttement des terres cultivées. Souvent, ils étaient suivis de l’installation de drains souterrains qui ont favorisé l’assèchement saisonnier de portions de cours d’eau.

3.2.4 Rivière du Sud

La problématique de l’eau de la rivière du Sud est liée aux activités agricoles, qui sont concentrées surtout dans la partie inférieure du bassin.

3.2.5 Rivière Etchemin

Malgré le fait que l’assainissement des eaux usées d’origine municipale et industrielle soit complété dans le bassin de la rivière Etchemin, il existe, dans sa partie inférieure, une pollution résiduelle causée par l’intensité des activités agricoles qui y ont lieu. À titre d’exemple, les municipalités de Saint-Henri, Sainte-Hénédine, Saint-Isidore et Saint-Anselme regroupent les deux tiers du cheptel du bassin sur un territoire qui équivaut au tiers de la superficie drainée par la rivière et ses tributaires. Fortement dégradés, la rivière Le Bras et le ruisseau Fourchette sont les deux principaux tributaires par lesquels l’eau de cette zone s’écoule vers la rivière Etchemin.

3.2.6 Acidité des lacs et contamination de la chair de poisson par le mercure

La région de la Chaudière-Appalaches est peu affectée par l’acidification. On n’y trouve qu’un seul lac acide, situé dans le secteur du lac Etchemin.

En ce qui concerne la contamination de la chair de poisson par le mercure, la recommandation pour consommation humaine de 0,5 mg/kg est dépassée pour 100 % des dorés et 50 % des brochets de moyenne taille. Peu de données sont toutefois disponibles sur ces espèces. Pour connaître les recommandations de consommation, on peut se référer au Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce, réalisé conjointement par le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux, et au dépliant Connaissez-vous les Oméga 3?, réalisé conjointement par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

3.3 Références des publications les plus récentes

LAFLAMME, D. et al., 1998. Situation environnementale du bassin de la rivière Boyer, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation en collaboration avec Saint-Laurent Vision 2000 et le Groupe d’intervention pour la restauration de la Boyer, ISBN 2-550-33688-7, Envirodoq EN981281, 202 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1998. État de l’écosystème aquatique du bassin de la rivière Chaudière, 1996, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Envirodoq EN980063, 11 p., 1 carte.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, Ministère de la Santé et des Services sociaux, 1995. Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce, Québec.

ROBITAILLE, P., 1995. Qualité des eaux du bassin de la rivière Etchemin, 1979 à 1994, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, rapport QE-103, Envirodoq EN950563, 43 p., 8 annexes.

SIMONEAU, M., L. PELLETIER et N. MARTEL, 1998. Le bassin de la rivière Chaudière : profil géographique, sources de pollution et interventions d’assainissement, pages 1.1 à 1.33, dans Le bassin de la rivière Chaudière : l'état de l'écosystème aquatique, 1996, Québec, Ministère de l'Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN980022.

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