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Étude sur la qualité de l'eau potable dans sept bassins
versants en surplus de fumier et impacts potentiels sur la santé
Sommaire
Auteurs
1. Origine du projet
2. Objectifs et stratégie
3. Méthodologie
4. Résultats
5. Synthèse
5.1. Volet environnement
5.2. Volet santé
5.3. Forces et limites de l’étude
6. Recommandations
Format PDF,
553 ko
| Normand Rousseau, M. Sc. |
Direction des politiques de
l’eau
Ministère de l'Environnement du Québec |
| Patrick Levallois, M.D., M.
Sc., FRCPC |
Direction Risques biologiques,
environnementaux et occupationnels
Institut national de santé publique du Québec et
Unité de recherche en santé publique
Centre de recherche du CHUL (CHUQ) |
| Nadine Roy, ing. jr. |
Direction des politiques de
l’eau
Ministère de l'Environnement du Québec |
| Julie Ducrocq, DMV |
Direction de l’environnement
et du développement durable
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec |
| Suzanne Gingras, M. Sc. |
Unité de recherche en santé
publique
Centre de recherche du CHUL (CHUQ) |
| Pierre Gélinas, Ph. D. |
Professeur titulaire
d’Hydrogéologie environnementale
Département de géologie et de génie géologique, Université Laval |
| Hélène Tremblay, spécialiste
en toxicologie |
Direction des politiques de
l’eau
Ministère de l'Environnement du Québec |
1. Origine du projet
Au cours des trente dernières années, les techniques
agricoles ont évolué très rapidement entraînant la mécanisation poussée et
l’usage de produits chimiques dans l’exploitation des terres cultivées. Les
activités traditionnelles sont devenues plus spécialisées, surtout dans le
domaine de l’élevage. Dans certaines régions du Québec, le fait de
concentrer plus d’animaux par unité de surface crée une pression croissante
sur l’environnement, ce qui soulève des inquiétudes quant à la qualité de
l’eau dans ces territoires.
Dans les régions rurales, la population s’approvisionne en eau par des puits
individuels ou par un aqueduc qui est alimenté par l’eau de surface ou par
l’eau souterraine. L’impact des activités agricoles intensives sur ces
sources d’approvisionnement et les risques éventuels pour la santé sont mal
connus. C’est pourquoi le ministère de l’Environnement, de concert avec
l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le ministère de la
Santé et des Services sociaux (MSSS) et le ministère de l’Agriculture, des
Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), a coordonné une étude de
caractérisation de la qualité de l’eau souterraine et des risques
environnementaux et sanitaires associés aux productions animales.
Ce projet, qui s'appelle Étude sur la qualité de l’eau potable dans sept
bassins versants en surplus de fumier et impacts potentiels sur la santé,
s’est déroulé sur le territoire de sept bassins versants de rivières dont la
qualité des eaux de surface est détériorée, en particulier à cause des
concentrations excédentaires de phosphore. Les régions qui ont été étudiées
sont :
- la région de Chaudière-Appalaches (bassins versants des rivières
Chaudière, Etchemin et Boyer),
- la région de Lanaudière (bassins versants des rivières L’Assomption et Bayonne),
- la région de la Montérégie (bassin versant de la rivière Yamaska),
- la région du Centre-du-Québec (bassin versant de la rivière Nicolet).
Localisation des bassins versants à l'étude


2. Objectifs et stratégie
Le projet visait à évaluer les liens qui existent entre la
qualité de l’eau de consommation, l’état de la santé des populations et
l’intensité des activités agricoles, notamment les productions animales. Le
projet comportait quatre objectifs :
-
caractériser la qualité de l’eau, souterraine et de surface,
destinée à la consommation domestique dans les bassins versants
prédéterminés;
-
estimer le niveau d’exposition des populations visées à
certains contaminants microbiologiques et chimiques attribuable à la
consommation d’eau;
-
étudier le lien possible entre la présence de ces
contaminants dans l’eau de consommation et les activités agricoles qui ont
cours dans les différents bassins ciblés, selon une approche scientifique et
rigoureuse;
-
évaluer les impacts potentiels sur la santé reliés à la
contamination de l’eau destinée à la consommation.
Le projet associait deux axes de recherche étroitement liés
qui sont la caractérisation de la qualité de l’eau de consommation et les
effets sur la santé en milieu agricole. Souvent, les équipes de recherche
oeuvrant dans ces deux secteurs d’activités évoluent indépendamment. Leur
association dans le cadre du projet a été l'occasion d'étudier la situation
d'une façon beaucoup mieux intégrée. Ainsi, on a synchronisé la
caractérisation de la qualité de l’eau des résidences en milieu rural avec
une enquête sur l’incidence de gastro-entérites, laquelle a été complétée
par une évaluation des risques que courent les gens exposés aux nitrates.
Cet élément central du projet est complété par des études sur les
habitudes de consommation d’eau des adultes et des nourrissons, par une
étude sur l'incidence de gastro-entérites qui est fondée sur le nombre
d'hospitalisations et sur les registres de maladies à déclaration
obligatoire des Directions de santé publique, par une étude traitant de
l’influence de la vulnérabilité des aquifères sur l’occurrence de
contamination de l’eau des puits individuels et enfin par une étude de la
qualité de l’eau (souterraine et de surface) servant de sources
d’approvisionnement des réseaux municipaux de distribution d’eau potable.
Pour réaliser ce projet, 2 070 puits de résidences privées,
répartis dans 159 municipalités et 144 sources d’approvisionnement (94 en
eau souterraine et 50 en eau de surface) ont été échantillonnés. Par
ailleurs, 1 164 familles ont accepté de participer à l’enquête sur les
risques de gastro-entérite. Parallèlement, des enquêtes téléphoniques sur
les habitudes de consommation ont permis aux chercheurs de bénéficier de la
collaboration de 8 996 adultes et de 642 parents de nourrissons.
Pour évaluer objectivement les impacts de l’agriculture
intensive, le territoire a été divisé en deux zones, auxquelles réfère la
plupart des études du projet : (1) une zone d’agriculture intensive
regroupant des municipalités où l’activité agricole (culture et élevage)
couvre 25 % ou plus du territoire et dont le bilan de phosphore (P2O5)1 se
révèle excédentaire (municipalités en surplus de fumier) et (2) une zone
témoin représentée par des municipalités rurales où l’activité agricole
est faible (utilisation de moins de 25 % du territoire) et dont le bilan de
phosphore est négatif.
1 Le bilan de phosphore à la surface du sol tel que défini dans le
Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole était
utilisé comme indicateur de l’intensité de la production animale.

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