Le coin de Rafale

Sais-tu ce qu’est le Plan d’action Saint-Laurent?

Mélodie  

 Savais-tu qu’au Québec, plus de 80 % de la population vit sur les rives du Saint-Laurent et de ses affluents? Ce majestueux cours d’eau qui relie les Grands Lacs à l’océan Atlantique fait plus de 1 000 kilomètres de long! La grande diversité de ses habitats en fait l’un des éléments du patrimoine naturel les plus riches d’Amérique du Nord. Pas surprenant qu’on veuille le conserver, le restaurer, le protéger et le mettre en valeur!

C’est justement pour ça qu’en 1988, les gouvernements du Québec et du Canada se sont associés avec différents collaborateurs pour lancer le Plan d’action Saint-Laurent (PASL).

Ça fait déjà trente ans!

Avant le PASL

Dans les années 1970, l’eau du Saint-Laurent était beaucoup plus polluée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Ce problème devenait de plus en plus inquiétant; il fallait faire quelque chose. Les gouvernements ont donc pris « le taureau par les cornes » et, ensemble, ils ont mis sur pied un groupe de travail à qui ils ont confié la tâche de dresser un portrait de la situation.

Ce portrait a confirmé ce que tout le monde craignait : en plus de menacer l’habitat et la survie de nombreuses espèces vivant dans les eaux du Saint-Laurent, la pollution mettait en danger des activités récréatives et commerciales.

Pour faire face à cette situation, un comité a été créé pour réaliser différents types d’études sur le fleuve Saint‑Laurent. Ce comité était composé de représentants du gouvernement du Québec et du gouvernement du Canada. Des équipes se sont attelées à la tâche et, un jour, une idée a fait surface : il fallait élaborer des plans d’intervention si on voulait garantir une eau potable de qualité.

Les objectifs du PASL

C’est ainsi que, de fil en aiguille, tous les éléments se sont mis en place pour la création, en 1988, du premier Plan d’action Saint‑Laurent, aussi appelé « PASL ». Du coup, les efforts se sont intensifiés pour conserver, restaurer, protéger et mettre en valeur le Saint‑Laurent.

Les membres du PASL se sont donné les objectifs suivants :

Les cinq phases du PASL

Pour que le PASL demeure le plus efficace possible, les gouvernements provincial et fédéral ont renouvelé plusieurs fois leur stratégie d’intervention dans le cadre d’ententes de collaboration.

Phase I (de 1988 à 1993)

Au tout début, le PASL a démarré en lion! D’importants progrès ont été enregistrés. Par exemple, plus de 5 000 hectares d’habitats naturels ont été placés sous protection, plusieurs espèces menacées ou vulnérables ont été identifiées, les 50 industries les plus polluantes du Québec ont réduit de 74 % leurs rejets liquides toxiques, des technologies environnementales ont été développées et une importante cueillette de données sur le Saint-Laurent a été effectuée. Et ce n’est pas tout! Pendant cette période de cinq ans, des comités de citoyens ont été créés, des conférences ont été organisées et de nombreux reportages ont été vus et entendus dans les médias. Tout cela a sensibilisé la population du Québec à l’importance de prendre soin de ce cours d’eau magnifique!

Phase II (de 1993 à 1998)

Durant sa deuxième phase, le PASL a continué sur sa lancée. En gros, la protection des habitats naturels s’est accrue par l’ajout d’environ 2 000 hectares, la diminution des rejets liquides toxiques a atteint 90 %, le parc marin du Saguenay‑Saint‑Laurent a été créé, d’autres études ont été réalisées, un portrait de la biodiversité du Saint‑Laurent a été dressé, un plan de protection du béluga a été élaboré, la pollution d’origine agricole a été caractérisée et l’impact de la mauvaise qualité de l’eau sur la santé humaine a été évalué.

Phase III (de 1998 à 2003)

La troisième phase du PASL a été marquée par une participation croissante des communautés riveraines aux efforts de conservation du Saint‑Laurent. Autrement dit, les gens étaient de plus en plus motivés à prendre soin de cet important système hydrographique! Ils savaient qu’en retour, celui‑ci leur offrirait plein d’avantages comme la baignade et une eau potable de qualité.

Du côté des acteurs économiques, les agriculteurs ont modifié leurs pratiques en se conformant à des règlements comme celui sur l’entreposage du lisier. Des compagnies maritimes se sont efforcées de réduire la pollution engendrée par la navigation commerciale et récréative. Des industries ont développé des technologies moins énergivores et moins polluantes.

Ce n’est pas tout! Durant la troisième phase du PASL, il y a eu la création et l’agrandissement de parcs, de réserves écologiques et de refuges fauniques. Et avec la participation d’organisations non gouvernementales (ONG), des mesures ont été prises pour protéger près de 105 000 hectares de milieux naturels.

Phase IV (de 2005 à 2010)

La quatrième phase du PASL s’est inscrite dans la continuité des actions précédentes. Les scientifiques et les experts ont poursuivi leur recherche de connaissances et de solutions pour assainir le Saint‑Laurent et protéger ses écosystèmes.

En fait, cette phase a été marquée par la prise en compte du développement durable, qui a pavé la voie à la mise en œuvre de la gestion intégrée du Saint-Laurent. En d’autres mots, les décideurs, les usagers du Saint‑Laurent et les citoyens doivent désormais discuter et collaborer en tout temps pour prendre les meilleures décisions possibles concernant le Saint‑Laurent. Et ce, toujours au bénéfice des générations actuelles et futures!

Phase V

Aujourd’hui, nous assistons à la phase V du PASL. Elle a commencé en 2011 et se terminera en 2026. Il s’agit d’une entente d’une durée de quinze ans, soit la plus longue jusqu’à maintenant, ce qui démontre que l’engagement de tous est encore nécessaire à la sauvegarde du Saint‑Laurent.

De 2011 à 2016, plus d’une quarantaine de projets portant sur le Saint‑Laurent ont été réalisés par des experts des deux gouvernements. La mise en œuvre de différents programmes a permis de suivre l’état de santé du Saint‑Laurent et de concevoir des outils pour mieux comprendre l’impact de nos activités sur son état. Des organismes ont poursuivi leur travail de gestion intégrée des ressources, pendant que des communautés riveraines ont pris en charge une soixantaine de projets qui ont amélioré plusieurs secteurs du Saint-Laurent. Grâce à ce travail de collaboration, des progrès remarquables pour la santé du Saint-Laurent et de ses zones riveraines ont été enregistrés. Toutefois, le travail doit se poursuivre.

Le jardin d’eau

Pour t’aider à mieux comprendre l’évolution du PASL, imagine qu’on te confie la responsabilité d’un terrain où se trouve un grand jardin d’eau qui a été négligé pendant plusieurs années. Il est sale et plein de détritus. Quelqu’un s’approche de toi et te raconte que, jadis, ce jardin d’eau était magnifique. Plusieurs poissons y vivaient, des nénuphars l’enjolivaient, son eau était propre et limpide et les gens se rassemblaient pour le regarder.

Sans attendre, tu décides de remettre en état le jardin d’eau!

Avec des amis, vous analysez d’abord l’état des lieux. Ensuite, vous enlevez les plus gros déchets et vous installez une clôture pour en empêcher l’accumulation. C’est la phase I.

Une fois les gros déchets enlevés, vous poursuivez le nettoyage en éliminant les plus petits et les mauvaises herbes qui détériorent la qualité de l’eau. Les rares poissons du jardin sont contents! C’est la phase II.

Les voisins sont ravis de constater les résultats de vos efforts. Après tout, eux aussi profiteront de la beauté des lieux quand le jardin d’eau aura été remis en état. Alors, plusieurs décident de vous apporter leur aide! C’est la phase III.

Après un certain temps, le jardin d’eau est redevenu très beau et la qualité de son eau s’est beaucoup améliorée. Pour preuve, de magnifiques nénuphars flottent à sa surface et les poissons y sont redevenus nombreux! Devant ce constat encourageant, vous êtes motivés plus que jamais. En plus de poursuivre les efforts de restauration, vous vous mettez à consulter les gens du quartier pour connaître leurs avis et leurs idées. Tant qu’à y être, vous leur faites comprendre que vous menez ce projet à votre bénéfice et à celui de vos enfants! C’est la phase IV.

Tout le monde est d’avis que la restauration du jardin d’eau a amélioré la qualité de vie dans le quartier. L’endroit est devenu un lieu paisible et propice à la détente. Toi et tes amis, vous avez de quoi être fiers! Mais le travail doit se poursuivre, car il est toujours possible de faire mieux. Le jardin d’eau est vivant, alors il faut en prendre soin. C’est la phase V.

Conclusion

L’état du Saint-Laurent s’est amélioré depuis trente ans. Cependant, les nouvelles connaissances acquises grâce au PASL nous disent que le Saint-Laurent est un écosystème à l’équilibre fragile. Scientifiques, politiciens, acteurs économiques et citoyens doivent unir leurs efforts pour le garder en santé. C’est un grand défi, et le Plan d’action Saint-Laurent est un outil pour nous aider à le relever.

Pour en savoir plus :

Publication :juin 2018