Développement durable, Environnement, Faune et Parcs Bandeau du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs
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Portrait régional de l’eau

Chaudière-Appalaches (Région administrative 12)

4. Portrait de l’eau souterraine

4.1 Usages
4.2 Contexte hydrogéologique

4.3 Qualité naturelle de l’eau souterraine

4.4 Problèmes de contamination
4.5 Gestion des eaux souterraines et aménagement du territoire

4.6 Références

5. Portrait municipal

5.1 Portrait général
5.2 Problématique spécifique

6. Portrait industriel

6.1 Portrait général
6.2 Problématiques spécifiques

7. Portrait agricole

7.1 Portrait général
7.2 Problématique spécifique

8. Portrait faunique et récréotouristique

8.1 Portrait faunique
8.2 Activités de contact avec l’eau

9. Initiatives locales

9.1 Projets en développement durable
9.2 Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale

9.3 Initiatives en gestion de rivières

9.4 Zone d’intervention prioritaire (comité ZIP)


4. Portrait de l’eau souterraine

4.1 Usages

Près de 53 % de la population de la région de la Chaudière-Appalaches, soit environ 204 800 personnes, est alimentée par eau souterraine dont 49 % est alimentée par puits individuels (voir tableau A.2).

Au-delà de 11 200 puits ont fait l’objet d’un rapport de forage et sont enregistrés dans le système d’informations hydrogéologiques (S.I.H.) du ministère de l’Environnement pour le territoire. À ce nombre, il faut ajouter quelques milliers de puits de surface ainsi que tous les puits qui n’ont pas fait l’objet d’un rapport de forage ou dont les rapports ne sont pas encore saisis. On estime ainsi à environ 25 100 le nombre total de puits dispersés dans la région.

Au chapitre des eaux commerciales, la région compte 3 puits de captage (ou résurgences captées) d’eau de source à des fins commerciales, 2 situés dans la MRC L’Amiante et un dans la MRC La Nouvelle-Beauce.

4.2 Contexte hydrogéologique

La ressource eau souterraine est omniprésente sur le territoire de la région de la Chaudière-Appalaches. Dans la majorité des secteurs, le potentiel aquifère est au moins suffisant pour combler les besoins en eau d’une famille.

Les complexes aquifères à fort potentiel sont ceux qui sont compris dans les formations de sable et gravier d’origines diverses qui se trouvent surtout sous l'altitude de 150 mètres, entre le fleuve Saint-Laurent et les crêtes montagneuses des Appalaches. Là où l'épaisseur des dépôts est suffisante, ces aquifères sont productifs et, de fait, répondent au besoin en eau de nombreuses municipalités et industries de la région. En certains endroits, on trouve également des formations sablo-graveleuses enfouies sous-jacentes à une couche imperméable (till, silt ou argile).

Les roches sédimentaires des basses-terres du Saint-Laurent et celles des Appalaches représentent également un certain potentiel aquifère. Un très grand nombre de municipalités et de familles s'alimentent à partir de puits aménagés dans ces roches. Cependant, comme le débit de ces puits excède très rarement 10 m3/h, plusieurs puits sont donc souvent nécessaires pour alimenter une même municipalité ou une même industrie.

Les dépôts de till glaciaire, de silt et d’argile d'origine marine constituent les complexes aquitards (dépôts imperméables) de la région; ces dépôts, bien que très peu productifs, peuvent dans certaines zones servir à satisfaire tout au plus les besoins en eau d'une famille.

Seules les zones bénéficiant d’un couvert imperméable et les secteurs à relief accentué des Appalaches peuvent être considérées comme peu vulnérables aux contaminations. Les dépôts de sable et gravier sont au contraire très peu protégés; une contamination induite au-dessus de ces zones a le potentiel de s'infiltrer et de se propager à travers une grande partie de l'aquifère. De la même façon, dans plusieurs zones, la nature et la faible épaisseur des dépôts meubles n'offrent pas une protection suffisante contre l'infiltration de contaminants jusqu'aux aquifères de roc sous-jacents.

4.3 Qualité naturelle de l’eau souterraine

La qualité de l’eau souterraine est généralement bonne pour tout le territoire; la plus grande partie de l’eau est de type bicarbonatée calcique.

Le pH varie généralement à l’intérieur des normes pour l’eau potable; la moyenne est légèrement alcaline.

Dans plusieurs secteurs de la région dont Saint-Martin, la région à l’est de Beauceville et la région nord de Saint-Bernard, le fer dépasse régulièrement la norme esthétique de 0,3 ppm.

La conductivité varie de 98 à 898 umohs/cm, ce qui donne une eau peu ou légèrement minéralisée.

La dureté totale dépasse les 180 ppm pour les régions de Shenley, Saints-Anges et Scott-Jonction. L’attitude du public à l’égard de la dureté de l’eau varie considérablement. En général, une eau dont la dureté se situe entre 80 et 100 mg/l (sous forme de CaCO3) est jugée acceptable; une eau dont la dureté est supérieure à 200 mg/l est jugée médiocre mais elle peut être tolérée; une dureté de plus de 500 mg/l est normalement considérée comme inacceptable.

L’arsenic, le baryum et le fluor sont signalés à quelques endroits à des concentrations qui dépassent parfois les normes sur l’eau potable.

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4.4 Problèmes de contamination

La région présente quelques problèmes de contamination des eaux souterraines, d’origine naturelle ou agricole. Ils sont présentés la section 5.2.1.

4.5 Gestion des eaux souterraines et aménagement du territoire

À ce jour, aucun conflit entre usagers de la ressource eau souterraine n’a été rapporté sur le territoire de la région de la Chaudière-Appalaches. Les autorisations émises en vertu des articles 22 et 32 de la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2) constituent le seul moyen dont dispose actuellement le ministère de l’Environnement pour évaluer a priori l’impact potentiel d’un captage sur des usagers déjà en place. Toutefois, ces mécanismes d’autorisation ne portent pas sur l’ensemble des projets majeurs de captage (ex. : pisciculture, irrigation) puisqu’ils ne visent qu’une partie des secteurs d’activités humaines susceptibles d’effectuer des captages d’importance.

Les périmètres de protection (immédiate, rapprochée et éloignée) des ouvrages de captage d’eau souterraine alimentant un réseau de distribution d’eau potable (c’est-à-dire la détermination de leur aire d’alimentation et de la vulnérabilité des eaux souterraines au sein de cette aire) ne sont généralement pas déterminés par les municipalités. Nombre de municipalités se limitent à ce jour à la délimitation d’un périmètre de protection immédiate de 30 mètres autour de leurs ouvrages de captage d’eau souterraine. Cependant, depuis 1996, le ministère de l'Environnement exige pour ces projets de captage, en vertu de la Directive 001 portant sur le captage et la distribution de l’eau, la détermination de ces périmètres et recommande l'adoption d'une réglementation régissant les usages des eaux souterraines sur le territoire et les activités qui en influencent la qualité.

Pour la région de la Chaudière-Appalaches, il est important de souligner les activités en cours du Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC). Les travaux du COBARIC, auxquels participent entre autres des représentants du secteur municipal, mèneront à l’élaboration d’un plan de gestion des eaux du bassin versant de la rivière Chaudière. La ressource eau souterraine sera incluse dans ce plan de gestion. La détermination des périmètres de protection autour des ouvrages de captages d’eau souterraine, la cartographie hydrogéologique, la mesure de la vulnérabilité des eaux souterraines, l’évaluation de leur qualité et les mesures à prendre pour assurer leur exploitation durable tant en qualité qu’en quantité sont autant d’éléments qui pourront être pris en considération lors de l’élaboration de ce plan de gestion (enjeux, objectifs, moyens, suivi).

4.6 Références

GRENIER, C. et R. McCORMACK, 1985. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution – MRC Robert-Cliche, Québec, Ministère de l'Environnement du Québec.

LAINESSE, P. et C. JULIEN, 1995. Portrait de l’approvisionnement en eau potable dans la région Chaudière-Appalaches, Québec, Régie régionale de la santé et des services sociaux Chaudière-Appalaches en collaboration avec le Ministère de l’Environnement et de la Faune.

McCORMACK, R., 1987. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution – MRC de la Nouvelle-Beauce, Québec, Ministère de l'Environnement.

McCORMACK, R., 1985. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution – Rive sud et bassins versants des rivières Nicolet et Bécancour, Québec, Ministère de l'Environnement.

McCORMACK, R., 1985. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution – Bassin versant de la rivière Chaudière, Québec, Ministère de l'Environnement.

McCORMACK, R., 1985. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution – Bassin versant de la rivière Saint-François, Québec, Ministère de l'Environnement.

McCORMACK, R., 1984. Étude hydrogéologique d'une partie de la rive sud du Saint-Laurent, cartes H.G.-16-1 à H.G.-16-9, Québec, Ministère de l'Environnement.

McCORMACK, R., 1982. Programme de connaissances intégrées, étude hydrogéologique du bassin de la Chaudière, cartes 0-86 à 0-95, rapport E.I.-1, Québec, Ministère de l'Environnement

McCORMACK, R., 1980. Programme de connaissances intégrées, étude hydrogéologique du bassin versant de la rivière Saint-François, cartes 0-49 et 0-50, rapport E.A.-16, Québec, Ministère des Richesses naturelles.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1995. Guide sur les périmètres de protection autour des ouvrages de captage d’eau souterraine, Québec, Les Publications du Québec.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT DU QUÉBEC, 1984. Directive no 001 – Captage et distribution de l’eau, Québec.

PARÉ, D., 1981. Programme de connaissances intégrées, étude hydrogéologique du bassin versant de la Bécancour, cartes 0-80 à 0-85, rapport E.H.-1, Québec, Ministère de l’Environnement.

SIMARD, G. et R. DES ROSIERS, 1979. Qualité des eaux souterraines du Québec, rapport H.G.-13, Québec, Ministère de l'Environnement, Direction générale des inventaires et de la recherche.

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5. Portrait municipal

5.1 Portrait général

5.1.1 Gestion des services d’alimentation en eau

La région de la Chaudière-Appalaches compte 126 réseaux municipaux d’eau potable qui desservent une population de 287 296 habitants dans 109 municipalités. De ces réseaux, 55 possèdent un système de traitement. On trouve également sur le territoire de la région 43 réseaux privés d’eau potable qui desservent 3 356 habitants.

On estime que 47,2 % de la population de la région de la Chaudière-Appalaches est alimentée par eau de surface tandis que 52,8 % est alimentée par eau souterraine. De ce dernier pourcentage, environ 51,0 % de la population est alimentée par les réseaux municipaux et 49,0 % par des puits individuels.

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, 3 municipalités ont des prises d’eau dans le fleuve, 13 dans une rivière et 7 dans un lac. Ces prises d’eau permettent d’alimenter en eau potable un total de 27 municipalités. La municipalité de Lévis possède 2 prises d’eau dans le fleuve tandis que celle de Saint-Romuald en possède une. Les municipalités de Charny et de Saint-Georges possèdent chacune une prise d’eau dans la rivière Chaudière. La municipalité de Montmagny a sa prise d’eau dans la rivière des Perdrix tandis que Thetford Mines a sa prise d’eau dans le lac à la Truite (Saint-Méthode).

5.1.2 Gestion des eaux usées municipales

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, 69 % de la population était raccordée à un réseau d’égouts municipal en 1999. Le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ) et le Programme d’assainissement des eaux municipales (PADEM) ont permis au gouvernement du Québec et aux municipalités d’investir plus de 382 millions de dollars pour la construction d’infrastructures d’assainissement des eaux usées municipales. Grâce à ces investissements, 96 % de la population de la région raccordée à un réseau d’égouts traitait ses eaux usées le 31 décembre 1999. Pour connaître les données par MRC, on peut consulter le tableau A.3 en annexe.

5.1.3 Suivi des stations d’épuration

La région de la Chaudière-Appalaches compte actuellement 75 stations d’épuration, dont 59 ont reçu leur avis de conformité. Certaines de ces stations ont été construites il y a plus de 10 ans. Compte tenu du fait que plusieurs municipalités de la région sont caractérisées par un développement industriel ou résidentiel important, certaines stations d’épuration devront, dans un avenir rapproché, faire l’objet d’améliorations significatives afin de protéger adéquatement l’environnement.

5.1.4 Lixiviat de lieux d’enfouissement

La région de la Chaudière-Appalaches compte 12 lieux d’enfouissement sanitaire générant du lixiviat. Bien qu’en général les lixiviats traités respectent les normes du Règlement sur les déchets solides, ils représentent une charge de contamination non négligeable pour les eaux de surface.

5.2 Problématiques spécifiques

5.2.1 Alimentation en eau

Plus de la moitié de la population de la Chaudière-Appalaches dépend de l’eau souterraine pour son eau de consommation. Ainsi, advenant des problèmes affectant la qualité ou la disponibilité de l’eau, les solutions correctrices pourraient parfois s’avérer fort complexes et coûteuses, voire irréalisables.

Prises d’eau potable en zone agricole (contamination par les nitrates et l’azote ammoniacal)

La région de la Chaudière-Appalaches est une des plus importantes régions du Québec en termes de production agricole. Les réseaux d’aqueduc de 13 municipalités de la région desservant une population d’environ 14 000 personnes sont alimentés en totalité ou en partie par des drains horizontaux placés à faible profondeur sous des prairies ou des pâturages. Ces prises d’eau présentent des risques élevés de contamination bactériologique et de contamination par les nitrates. À ce jour, la municipalité de Saint-Adrien-d’Irlande présente régulièrement une contamination bactériologique tandis que la municipalité de Saint-Gervais présente régulièrement une contamination en nitrates supérieure à la norme du Règlement sur l’eau potable. La gestion des matières fertilisantes n’est pas étrangère aux problèmes que l’azote cause à certaines sources d’eau potable.

Par ailleurs, d’autres réseaux ont un problème d’azote ammoniacal élevé dans l’eau brute de surface.

Alimentation en eau potable à partir de lacs et de rivières

Le développement rapide de certaines municipalités de la région qui s’alimentent actuellement en eau potable dans un lac ou une rivière a amené ces municipalités à accroître leur prélèvement. Il est probable, dans certains cas, que la capacité du lac ou de la rivière à fournir de l’eau tout en préservant la qualité environnementale du milieu est atteinte ou même dépassée. De plus, certains conflits d’usage commencent à émerger. Deux cas sont actuellement l’objet d’une attention particulière de la part du ministère de l’Environnement. Il s’agit des prises d’alimentation en eau potable des villes de Saint-Georges et Sainte-Marie, situées respectivement dans le lac Poulin et la rivière Bélair.

Certaines municipalités devront, dans les prochaines années, revoir leur approvisionnement en eau de manière à garantir la pérennité de la ressource. Par ailleurs, certaines municipalités qui ne réussissent plus actuellement à combler leur besoin en eau à partir de la ressource eau souterraine devront, avant de recourir à l’eau de surface, tenir compte de cette question de la pérennité de la ressource.

Contaminants d’origine naturelle dans les eaux souterraines

Des données hydrogéologiques indiquent que les eaux souterraines de la région de la Chaudière-Appalaches ont, selon les secteurs, des teneurs parfois élevées en arsenic. Bon nombre de puits individuels sur le territoire ont des concentrations en arsenic plus élevées que la norme québécoise (50 ppb) ou canadienne (25 ppb). Quelques cas de dépassements des normes ont aussi été identifiés pour le fluor et le baryum. La distribution sur le territoire des puits individuels présentant des problèmes tant physico-chimiques que microbiologiques est peu connue mais mériterait de l’être.

Entreprises d’aqueduc

La région de la Chaudière-Appalaches compte 43 réseaux privés d’aqueduc, dont plusieurs sont vétustes et ne permettent pas aux abonnés de recevoir un service adéquat. Lorsque tous les terrains desservis sont vendus, les exploitants de ces réseaux n’ont souvent pas les ressources financières suffisantes pour apporter les mesures correctives requises pour assurer aux abonnés une alimentation en eau qui soit satisfaisante en qualité et suffisante en quantité.

5.2.2 Gestion du milieu hydrique

Le ministère de l’Environnement délivre chaque année quelque 80 certificats d’autorisation qui visent à s’assurer que les activités et travaux dans le milieu hydrique (ponts, lacs artificiels, creusage d’un cours d’eau, aménagement des rives à des fins publiques, etc.) le perturbent le moins possible. Un certain nombre de plaintes sont également traitées chaque année et débouchent ultérieurement sur des recours devant les tribunaux dans le cas de travaux ne respectant pas la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2).

5.2.3 Zones inondables

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, des zones inondables ont été identifiées sur des tronçons de 7 rivières grâce au programme de cartographie Canada-Québec relatif à la cartographie et à la protection des plaines inondables. Les rivières visées sont : Chaudière (1979), Bécancour (1984), Beaurivage* (1990), du Loup* (1990), Etchemin* (1992), Bras Saint-Nicolas* (1995) et du Sud* (1995). Cette cartographie a été intégrée dans les schémas d’aménagement des MRC concernées, ou est en voie de l’être dans le cas où elle a été réalisée après l’adoption des schémas (rivières marquées par le symbole « * »).

La cartographie la plus étendue a été réalisée pour la rivière Chaudière. Cependant, les données qui ont servi à la réalisation de cette cartographie datent de 1974-1975 et le besoin d’une révision fait de plus en plus consensus auprès des intervenants concernés.

Des cotes pour les inondations dont la récurrence est comprise entre 2 et 100 ans ont également été produites par le ministère de l’Environnement pour le fleuve Saint-Laurent.

Enfin, les MRC de la région ont réalisé une cartographie « maison » des zones inondables de leur territoire lors de l’élaboration de leur premier schéma d’aménagement. Ces schémas sont actuellement en révision.

Malgré tous ces efforts de cartographie, les zones inondables de plusieurs cours d’eau de la région n’ont toujours pas été déterminées. Certains développements résidentiels ou industriels sont encore susceptibles de voir le jour dans des zones à risque (non cartographiées), avec toutes les conséquences économiques et environnementales que cela peut entraîner.

En 1998, le ministère de l’Environnement a mis en place le Programme de détermination des cotes de crues de récurrence de 20 et de 100 ans, pour aider à la gestion des zones à risque pour des rivières ou des tronçons de cours d’eau identifiés comme secteurs prioritaires d’intervention. Dans la région, quelque 11 tronçons ont été retenus sur 6 cours d’eau.

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6. Portrait industriel

6.1 Portrait général

6.1.1 Secteur primaire

Dans le secteur primaire, l’exploitation de minéraux non métalliques (amiante, talc, pierre, sable et gravier) constitue toute l’activité minière de la région de la Chaudière-Appalaches.

Les mines d’amiante se trouvent principalement dans la MRC L’Amiante et, plus précisément, dans la région de Thetford Mines. Cette activité, qui s’exerce depuis plusieurs dizaines d’années, a favorisé la formation de multiples haldes de résidus miniers. Certaines de ces haldes se situent en bordure de la rivière Bécancour. L’écoulement des eaux de pluie et de la neige entraîne des matières particulaires dans le cours d’eau. Lab Chrysotile, la société en commandite qui exploite ces mines, a tenté certaines expériences de revégétation de ces haldes.

La région compte aussi de nombreuses carrières et sablières sur son territoire, dont 41 d’importance selon le ministère des Ressources naturelles. De façon générale, l’exploitation des carrières et des sablières a peu d’effet sur les eaux souterraines, à part l’abaissement de la nappe phréatique dans certains cas où le minerai exploité est situé sous le niveau de cette nappe. En ce qui concerne les eaux de surface, les eaux rejetées par l’exploitation d’une carrière ou d’une sablière ou par un procédé de concassage ou de tamisage doivent respecter les concentrations prévues au Règlement sur les carrières et sablières.

Enfin, la région compte 2 tourbières en exploitation, situées au sud de Lévis.

6.1.2 Secteur secondaire

Dans le secteur secondaire, parmi quelque 1 150 établissements industriels et manufacturiers situés dans la région de la Chaudière-Appalaches, environ 80 % comptent moins de 50 employés. De ce nombre, le ministère de l’Environnement a compté, en 1995, 142 établissements dont les rejets d’eaux usées (eaux de procédé) étaient susceptibles de causer directement ou indirectement des dommages significatifs à l’environnement, soit en raison de leur nature ou de leur quantité. Dans les autres établissements, l’eau est principalement réservée à un usage domestique.

Le tableau A.4 en annexe présente quelques caractéristiques de ces 142 établissements, répartis en fonction de la taille des entreprises, des secteurs d’activité industrielle et du lieu de rejet des eaux usées (rejet dans un réseau d’égouts municipal ou dans l’environnement). On remarque que 83 établissements, soit près de 60 %, sont raccordés à un réseau d’égouts municipal et que 64 d’entre eux voyaient leurs effluents traités dans une station d’épuration municipale.

Depuis les années 1970, diverses mesures ont été progressivement mises en œuvre par le gouvernement en vue d’assainir les eaux usées industrielles : délivrance d’autorisations préalablement à l’implantation d’un établissement industriel, adoption de règlements dans deux secteurs industriels soit le secteur des pâtes et papiers et celui du raffinage du pétrole, réalisation de programmes d’intervention spécifiques tels le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ), le Plan d’action Saint-Laurent (PASL/SLV2000) et, depuis peu, le Programme de réduction des rejets industriels (PRRI). Dans le cas des établissements qui déversent leurs effluents directement dans l’environnement, de plus en plus, le Ministère se réfère, pour établir le niveau d’assainissement, aux critères de qualité des eaux de surface et établit des objectifs environnementaux de rejet (OER) tout en considérant la meilleure technologie disponible et économiquement acceptable. Par ailleurs, au niveau municipal, des règlements régissant les rejets industriels dans les réseaux d’égouts ont été adoptés à l’occasion de l’implantation des stations d’épuration.

En 1995, le ministère de l’Environnement a dressé un état de la situation de l’assainissement des eaux usées industrielles pour l’ensemble du Québec. Il a déterminé le nombre d’établissements qui avaient terminé leurs travaux d’assainissement (ex. : installation d’un système de prétraitement pour les établissements raccordés à un réseau d’égouts municipal ou d’un système de traitement complet pour ceux qui déversent leurs effluents dans l’environnement) ou étaient en train de les réaliser et le nombre de ceux qui en étaient à l’étape d’évaluation de correctifs. Les travaux d’assainissement sont considérés comme terminés lorsque les ouvrages installés sont susceptibles d’assurer le respect des normes réglementaires et de toute exigence établie en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2), et ceci à la date visée.

Le tableau A.4 en annexe présente également une évaluation du taux d’avancement des travaux d’assainissement, réalisée en 1995, pour les industries de la région de la Chaudière—Appalaches. Les grandes entreprises (plus de 250 employés) avaient pour la plupart réalisé (ou étaient en train de réaliser) les travaux d’assainissement qui étaient alors requis par le ministère de l’Environnement. Dans le cas des petites et moyennes entreprises, concentrées dans le secteur agroalimentaire et, dans une moindre mesure, dans les secteurs de la transformation du métal, du textile et de la chimie, le taux d’assainissement observé en 1995 était plus faible. Toutefois, la plupart de ces entreprises étaient raccordées à un réseau d’égouts municipal relié à une station d’épuration, ce qui assure le traitement de plusieurs types de contaminants. Depuis 1995, plusieurs établissements ont réalisé des travaux d’assainissement, mais aucun nouvel inventaire n’a été réalisé.

Parmi les industries répertoriées dans la région de la Chaudière-Appalaches, on en trouve une dizaine, réparties dans différents secteurs industriels, dont la consommation d’eau et le volume de rejet sont d’une importance notable.

Secteur des pâtes et papiers

Rolland inc., division Désencrage Cascades, exploite à Saint-Hélène-de-Breakeyville une usine de désencrage de papiers fins. Les eaux alimentant les procédés sont pompées de la rivière Chaudière, où une prise d’eau d’une capacité de 900 m3/jour a été aménagée. Les eaux usées provenant de l’usine et du lieu d’enfouissement de ses déchets subissent un traitement biologique et sont rejetées à la rivière Chaudière; le rejet moyen en 1997 était de 1 920 m3/jour.

Il y a lieu de noter que Papetière Sansfaçon, de Saint-Lambert-de-Lauzon, exploite également une fabrique de papiers, laquelle ne prévoit aucun rejet d’eaux usées.

Ces entreprises sont assujetties à des normes sectorielles de rejets, en vertu du Règlement sur les fabriques de pâtes et papiers. De plus, en vertu de la section IV.2 relative à l’attestation d’assainissement dans la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2) et du Règlement sur les attestations d’assainissement en milieu industriel, ces entreprises devront élaborer et appliquer progressivement des plans d’assainissement afin de respecter des normes supplémentaires basées sur le milieu récepteur. Elles auront aussi une incitation économique à réduire les quantités de contaminants qu’elles rejettent dans l’environnement, en raison de la redevance relative à la pollution imposée par le règlement. Cette redevance prendra effet après la délivrance des premières attestations d’assainissement. Le calcul de la redevance est établi en fonction des quantités de contaminants rejetées et non en fonction des volumes d’eau prélevés ou rejetés. Il n’y a donc pas d’incitation directe à réduire le volume d’eau utilisé.

Secteur du raffinage du pétrole

L’une des 3 raffineries de pétrole du Québec est située sur le territoire de la Chaudière-Appalaches. Il s’agit de la compagnie Ultramar ltée, installée à Saint-Romuald, qui procède au raffinage de pétrole brut. Pour ce faire, elle consomme une importante quantité d’eau prélevée dans le Saint-Laurent. L’effluent de la raffinerie est également rejeté dans le Saint-Laurent après avoir subi un traitement biologique. Le débit moyen de l’effluent est de l’ordre de 9 000 m3/jour.

Secteur agroalimentaire

Dans le secteur agroalimentaire, on trouve principalement dans la région des abattoirs, des usines de transformation du lait et une usine d’équarrissage.

La région compte 3 abattoirs importants. Olymel inc., à Vallée-Jonction (1 500 m3/j), et Salaisons Brochu inc., à Saint-Henri (1 300 m3/j), sont raccordées à un réseau d’égouts municipal; la Coopérative Exceldor, à Saint-Anselme, rejette son effluent dans la rivière Etchemin après que les eaux usées aient subi un traitement biologique (débit du rejet d’environ 1 800 m3/jour en 1999). Il existe aussi plusieurs abattoirs de petite taille, dont la plupart rejettent leurs eaux usées dans un réseau d’égouts municipal.

Le Groupe Lactel exploite 2 usines de transformation du lait dans la région. L’une de ces usines rejette son effluent dans le réseau d’égouts municipal, tandis que l’autre, située à Beauceville, rejette son effluent dans la rivière Chaudière après que les eaux usées aient subi un traitement biologique. Le débit du rejet était d’environ 640 m3/jour en 1999.

Alex Couture inc exploite à Charny une usine d’équarrissage. L’effluent subit un prétraitement de type physico-chimique avant son rejet dans le réseau d’égouts de la municipalité. La recherche d’une solution de traitement des eaux usées de l’usine d’équarrissage fait l’objet actuellement de discussions avec les intervenants gouvernementaux concernés. L’effluent se rejette dans la rivière Chaudière en aval de l’autoroute 20.

Secteur du textile

Le secteur du textile est bien représenté dans la région de la Chaudière-Appalaches, avec notamment plusieurs usines de jeans. La plupart de ces établissements rejettent leurs eaux usées dans des réseaux d’égouts municipaux. L’usine de fabrication de coton et de laine, Lainage Victor ltée, à Saint-Victor, rejette ses eaux usées industrielles dans le réseau d’égouts municipal depuis l’été 1999. À noter que le traitement des eaux usées de la municipalité a été conçu en fonction des charges et débits de cette usine.

6.1.3 Secteur tertiaire

Le secteur tertiaire regroupe les activités commerciales et les services. L’usage de l’eau s’y limite généralement à un usage domestique.

6.2 Problématiques spécifiques

6.2.1 Fonction industrialo-portuaire

Outre les activités spécifiques à la raffinerie Ultramar ltée de Saint-Romuald, la voie maritime du Saint-Laurent permet le passage de nombreux navires de marchandises qui remontent parfois jusqu’aux Grands Lacs. Ce trafic nécessite des travaux d’entretien et de dragage de la voie maritime qui peuvent représenter un risque pour l’environnement et la faune. Le trafic maritime crée aussi des risques d’accidents et de déversements, dont les conséquences pour les rives, la végétation, la faune et les aménagements pourraient être graves et coûteuses. La marée, les courants, les vents et la glace compliquent les opérations de limitation des dégâts.

Les installations portuaires de la raffinerie Ultramar ltée situées à Lévis permettent la réception du pétrole brut et l’expédition de produits raffinés. Les opérations de transbordement constituent le principal risque de déversement. Aucun déversement d’importance n’a été constaté depuis 1990. Une équipe régionale d’intervention a été mise en place afin d’assurer une intervention rapide et concertée en cas de déversement.

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7. Portrait agricole

7.1 Portrait général

La région de la Chaudière-Appalaches est une région administrative à haute vocation agricole. Elle regroupait, en 1996, 18 % des fermes et représentait 11 % des superficies cultivées du Québec.

Au niveau régional, l’importance de l’agriculture se traduisait, en 1996, par 6 633 fermes occupant 34,1 % du territoire (incluant les boisés) et 13,1 % des terres en culture. La superficie cultivée et drainée était de 1 985 km2, dont 0,8 % était irriguée (voir tableau A.5 en annexe).

La production porcine occupe une place importante dans la région. Près de la moitié des unités animales de la région (46 %) appartiennent au secteur porcin. De plus, au niveau provincial, la région de la Chaudière-Appalaches regroupe 30 % du cheptel porcin de la province.

Le nombre élevé de fermes de production sans sol, qui souvent font l’élevage de porcs et de volailles, amène une pression continue sur la qualité des cours d’eau. Pour la plupart, les exploitations comprises dans ce type de production ne disposent pas de toutes les superficies en culture nécessaires à l’épandage des déjections animales produites. Pour des raisons souvent économiques, les producteurs ne désirent pas parcourir des distances importantes pour l’épandage. Ce sont donc les superficies situées à proximité de ces élevages qui reçoivent une dose massive de fertilisants tels que l’azote et le phosphore. Les activités agricoles de la région de la Chaudière-Appalaches sont, dans certains secteurs, tellement intenses qu’elles peuvent créer une dégradation significative de la qualité de l’eau de surface et, potentiellement, de l’eau souterraine.

Les interventions pour recalibrer, redresser et reprofiler les cours d’eau de manière à accélérer l’évacuation des eaux qui ruissellent sur les sols agricoles doivent aussi être considérés. Ces aménagements à des fins agricoles banalisent les cours d’eau pour en faire de simples canaux d’évacuation, moins diversifiés et moins aptes à jouer leur rôle d’habitat pour la faune. Dans le bassin de la rivière Boyer, ces redressements ont été effectués sur 73 % de toute la longueur des cours d’eau. La situation est probablement comparable pour l’ensemble des cours d’eau situés dans la plaine agricole de la région.

7.2 Problématiques spécifiques

Cette section décrit sommairement la problématique liée à la gestion des surplus de fumier par municipalité régionale de comté (MRC). Comme le phosphore est la préoccupation majeure en ce qui concerne la contamination des eaux de surface par l’agriculture, un bilan exprimé en kilogramme de phosphore (P2O5) par hectare de sol en culture a été réalisé pour chacune des municipalités de la région. Ce bilan tient compte du phosphore produit par les élevages et des prélèvements des cultures. Cependant, pour la réalisation du bilan, on suppose que toutes les superficies en culture sont disponibles pour l’épandage des fumiers, ce qui n’est pas le reflet de la réalité. Un résultat positif du bilan pour une région donnée indique que la quantité de fumier produit dépasse les besoins des cultures.

La carte suivante présente le portrait du surplus de phosphore pour la région de la Chaudière-Appalaches à la suite de la réalisation du bilan pour chacune des municipalités de la région. Les résultats sont présentés selon trois catégories : les municipalités qui présentent un bilan inférieur à 0 kg de phosphore par hectare de sol en culture (en blanc), entre 0 et 20 kg de phosphore par hectare (en gris pâle) et supérieur à 20 kg de phosphore par hectare (en gris foncé). Les calculs ont été faits à partir des données des fiches d’enregistrement des producteurs agricoles du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (1997).

La carte permet de constater rapidement une forte concentration d’élevage dans la MRC La Nouvelle-Beauce et les municipalités périphériques. Ce noyau gris foncé est entouré de municipalités colorées en gris pâle, ce qui indique un surplus en phosphore mais dans des proportions moindres. Les municipalités déficitaires en phosphore ne peuvent recevoir les surplus des municipalités en surplus, comme l’indique le résultat du bilan phosphore pour la région qui est supérieur à 30 kg de phosphore par hectare de culture. Si l’on considère que l’épandage des déjections animales devrait se réaliser en comblant les besoins des cultures, les producteurs des municipalités situées en plein cœur de la MRC La Nouvelle-Beauce devraient franchir des distances importantes pour atteindre des superficies propices à l’épandage. La MRC La Nouvelle-Beauce et les municipalités périphériques peintes en gris foncé regroupent 85 % de tout le cheptel porcin de la Chaudière-Appalaches.

7.2.1 Portraits par MRC

MRC L’Amiante

Les 25 municipalités de cette MRC présentent un surplus de phosphore global appréciable de 13 kg par hectare de culture. Plusieurs faits font ressortir un problème de concentration d’élevage dans cette MRC. Au niveau des municipalités, les résultats du bilan phosphore varient entre -22 et 56 kilogrammes par hectare et seulement 4 municipalités se partagent 52 % des cheptels de porcs et de volailles de la MRC. Ces municipalités sont Sainte-Praxède, Saint-Pierre-de-Broughton, Disraeli et Saint-Jacques-de-Leeds. Avec Robertsonville et Saint-Fortunat, ces municipalités sont celles qui présentent une densité animale supérieure à la moyenne de la MRC. Il y a tout de même 5 municipalités de la MRC qui présentent un bilan déficitaire. Cependant, ces municipalités ne possèdent que 5 % des superficies cultivées. Elles ne peuvent donc absorber qu’une petite partie des surplus des autres municipalités.

MRC Beauce-Sartigan

Ce territoire est occupé principalement par des exploitations de bovins laitiers et de bovins de boucherie. En effet, 77 % des unités animales de ce territoire sont de type bovin. Étant donné que les élevages de bovins nécessitent des superficies en culture appréciables pour leur alimentation, ces superficies sont disponibles en quantité suffisante pour l’épandage de leurs déjections. Dans cette MRC, les municipalités qui présentent un bilan de phosphore positif coïncident avec celles où la présence d’unités animales porcines et avicoles est marquée. Cinq municipalités ont un bilan négatif, mais comme le montrent les résultats du bilan global de cette MRC, ces municipalités ne peuvent absorber la totalité des surplus de fumier des autres.

MRC Bellechasse

Cette MRC se classe au troisième rang au niveau provincial pour sa production de phosphore par les animaux. Le résultat du bilan phosphore global de 40 kg de phosphore par hectare s’explique par la présence marquée de productions porcines et avicoles. En effet, 55 % des unités animales que l’on trouve sur ce territoire sont des volailles ou des porcs. Les résultats du bilan au niveau municipal montrent une pression marquée sur la qualité de l’eau, avec un surplus supérieur à 70 kg de phosphore par hectare de culture pour les municipalités de Saint-Raphaël, Saint-Anselme, Saint-Malachie et Saint-Nazaire. Aucune municipalité de cette MRC ne présente un bilan de phosphore négatif.

MRC Les Chutes-de-la-Chaudière

Cette MRC compte 8 municipalités. Le bilan de phosphore global est de 10 kg par hectare et 40 % des unités animales que l’on y trouve sont de type porcin. Les résultats du bilan par municipalité font ressortir également que cette MRC a un problème de concentration d’élevage qui met en cause principalement des productions porcines. C’est le cas notamment de la municipalité de Saint-Lambert-de-Lauzon, qui contient 62 % des unités animales de la MRC, dont 36 % proviennent de productions porcines. Le fait que cette municipalité ne détient que 32 % des superficies cultivées permet d’expliquer le résultat du bilan phosphore, supérieur à 50 kg par hectare. La moitié des municipalités de cette MRC ont obtenu un bilan phosphore négatif, mais elles ne peuvent absorber les surplus des autres.

MRC Desjardins

La MRC Desjardins présente un bilan de 52 kg de phosphore par hectare de culture, et 64 % des unités animales proviennent de productions de porcs et de volailles. Les activités agricoles de cette MRC sont concentrées dans la municipalité de Saint-Henri, qui compte 89 % des unités animales. Saint-Henri présente un bilan phosphore très élevé, et 70 % des unités animales proviennent de productions de porcs et de volailles. Cette municipalité est la principale source du surplus de phosphore calculé au niveau de la MRC.

MRC Les Etchemins et MRC L’Islet

Ces territoires sont occupés principalement par des exploitations de bovins laitiers et de bovins de boucherie. En effet, 68 % des unités animales pour la MRC Les Etchemins et 60 % pour la MRC L’Islet sont de type bovin. Tout comme dans le cas de la MRC Beauce-Sartigan, ces élevages de bovins nécessitent des superficies en culture appréciables pour leur alimentation, et ces superficies sont disponibles en quantité suffisante pour l’épandage de leurs déjections. Dans ces MRC, les municipalités qui présentent un bilan phosphore positif coïncident avec celles où la présence d’unités animales porcines est marquée. D’ailleurs, les municipalités qui présentent un bilan phosphore négatif n’ont pas, ou ont très peu, d’unités animales porcines sur leur territoire. La pression agricole en terme de surplus de phosphore par hectare de culture est notable surtout dans les municipalités de Saint-Magloire, Sainte-Justine et Sainte-Sabine pour la MRC Les Etchemins, et Saint-Damase, Sainte-Louise et Saint-Aubert pour la MRC L’Islet.

MRC Lotbinière

Le bilan du phosphore de cette MRC présente un résultat de 25 kg par hectare de culture. Pour l’ensemble de la MRC, les résultats du bilan varient de -10 pour la municipalité de Lotbinière à 121 kg de phosphore par hectare pour Saint-Narcisse, et la densité animale varie de 0,5 à 3,9 unités animales par hectare. Quatre municipalités regroupent à elles seules 68 % des unités animales provenant des productions porcines et avicoles du territoire : Saint-Narcisse, Saint-Patrice, Saint-Sylvestre et Saint-Gilles. Ces municipalités sont, par surcroît, limitrophes de la MRC La Nouvelle—Beauce, qui est elle-même largement en surplus.

MRC Montmagny

Les exploitations agricoles de cette MRC produisent principalement des bovins laitiers et des bovins de boucherie. En effet, 70 % des unités animales de cette MRC sont de type bovin. Le bilan légèrement positif de la MRC s’explique en partie par une plus faible disponibilité de superficies en culture, puisque plusieurs de ces municipalités ont une occupation territoriale à prédominance forestière. Ce constat vient expliquer les résultats obtenus dans les municipalités de Sainte-Lucie-de-Beauregard, Saint-Just-de-Bretenières et Sainte-Euphémie-sur-Rivière-du-Sud, qui apparaissent en gris foncé sur la carte en dépit de la faible présence d’unités animales sur leurs territoires. Plus de la moitié des unités animales porcines de la MRC se trouvent dans la municipalité de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud.

MRC La Nouvelle-Beauce

C’est dans cette MRC que l’on trouve la plus grande quantité de phosphore en surplus dans la région de la Chaudière-Appalaches. Elle se classe deuxième au niveau provincial pour sa production de fumier. De plus, 61% des unités animales que l’on y trouve sont issues de productions porcines et 11% proviennent d’élevages de volaille.

Sauf pour la municipalité de Vallée-Jonction, reconnue comme une localité à vocation plus urbaine, plus de la moitié des unités animales que l’on trouve dans chacune des municipalités appartiennent aux secteurs porcin et avicole. On note également que 46 % des unités animales de la MRC sont concentrés dans les municipalités de Saint-Bernard et Saint-Elzéar et que près de 80 % de leurs unités animales sont porcines ou avicoles. Ceci explique pour ces 2 municipalités les résultats du bilan phosphore supérieurs à 100 kg de phosphore par hectare. Selon le bilan réalisé, toutes les municipalités de cette MRC sont en surplus.

MRC Robert-Cliche

Cette MRC présente au bilan un surplus en phosphore de 32 kg par hectare de culture. Ce résultat est principalement lié au fait que 46 % des unités animales de ce territoire proviennent de productions porcine et avicole. Les municipalités de Saint-Séverin, Saint-Frédéric, Saint-Jules et Saint-Odilon-de-Cranbourne obtiennent un bilan phosphore relativement élevé en raison de la présence marquée d’unités animales porcines et avicoles : elles représentent plus de 55 % des unités animales dans chacune de ces municipalités.

Table des matières

8. Portrait faunique et récréotouristique

8.1 Portrait faunique

Au total, on trouve dans les eaux intérieures de la région 46 espèces de poissons, dont 19 espèces d’intérêt sportif. Mentionnons que le dard gris, une espèce susceptible d’être désignée comme menacée ou vulnérable, est présent dans la région. Tel qu’évoqué précédemment (section 3.2), l’éperlan pourrait obtenir ce même statut.

Parmi les problèmes auxquels font face les populations de poissons et leurs habitats, plusieurs proviennent de l’activité agricole, comme l’apport important de fertilisants dans les lacs et les cours d’eau, la disparition des bandes riveraines et le drainage agricole. Ces problèmes sont particulièrement aigus dans le secteur des basses-terres du Saint-Laurent, où ils sont responsables de la rareté de l’omble de fontaine, qui disparaît au profit de nombreuses espèces de cyprinidés (ménés).

Dans le secteur plus forestier et moins perturbé des Appalaches, on trouve des habitats de qualité supérieure qui permettent la présence de l’omble de fontaine. Les activités d’aménagement forestier peuvent avoir des incidences sur le milieu aquatique lorsque les règles du métier et la réglementation ne sont pas respectées. Dans la région de la Chaudière-Appalaches, pour la période 1992 à 1997, le drainage forestier, qui est une activité susceptible d’influencer la qualité et l’écoulement des eaux, a été réalisé sur 233,4 km linéaires de fossé. Pendant cette même période, 23,7 km2 de forêt (à peine 0,2 % du territoire forestier) ont fait l’objet d’application aérienne et terrestre de phytocide.

La région se caractérise également par un nombre élevé d’infractions à la Loi sur les Pêches, particulièrement des cas de creusage et de remblayage dans l’habitat du poisson. Plus d’une trentaine de cas sont traités annuellement par la Société de la faune et des parcs du Québec.

8.1.1 Pêche sportive

Les deux grandes unités physiographiques qui composent la région de la Chaudière-Appalaches et les activités prédominantes qui leur sont associées influencent fortement la distribution des espèces sportives. Ainsi, le profil très agricole de la plaine du Saint-Laurent est moins favorable aux espèces d’intérêt sportif que les Appalaches, que les caractéristiques forestières rendent plus propices au maintien de telles populations, dont principalement l’omble de fontaine. Parmi les 19 espèces d’intérêt sportif de la région, 9 présentent un intérêt particulier : l’omble de fontaine, la truite arc-en-ciel, la truite brune, le touladi, le doré jaune, l’achigan à petite bouche, la perchaude, le grand brochet et le maskinongé.

La région de la Chaudière-Appalaches présente un problème particulier en ce qui a trait à la gestion des espèces d’intérêt sportif. En effet, 90 % du territoire est de propriété privée et on n’y trouve qu’un seul territoire structuré fréquenté pour la pêche, la ZEC Jaro, qui pratique une pêche de type dépôt-retrait. Une autre caractéristique de la région est la présence d’un réseau routier très élaboré qui permet un accès facile à tout le territoire. L’estimation du nombre total de jours de pêche effectués dans la région était de près de 300 000 en 1996.

La pêche se pratique surtout sur les lacs et les rivières dont l’accès est le plus facile. Compte tenu des caractéristiques mésotrophes ou eutrophes de plusieurs lacs, ou encore à cause de la présence très fréquente d’espèces compétitrices, l’offre de pêche est souvent maintenue par des ensemencements importants d’ombles de fontaine ou de truites arc-en-ciel (dépôt-retrait). La pratique de la pêche atteint son apogée en mai et juin puis décroît tout au long de la saison. Mentionnons enfin que la pêche d’hiver est pratiquée sur 13 lacs ainsi que sur un tronçon de la rivière Chaudière.

Malgré les projets louables de quelques associations ou clubs de réaliser des aménagements fauniques, l’amélioration de l’offre de pêche devra passer par des efforts considérables et concertés avec les intervenants du milieu, afin de restaurer la qualité de l’eau et les habitats du poisson. À titre d’exemple, la Société de la faune et des parcs du Québec travaille en collaboration étroite avec le Comité de restauration de la rivière Etchemin pour réaliser des projets de restauration de la qualité de l’eau et des rives, de façon à recréer un habitat de qualité pour les salmonidés.

Globalement, on peut affirmer que les lacs et cours d’eau de la région sont des habitats du poisson où les perturbations d’origine anthropique sont souvent importantes, particulièrement dans les zones de pêche 4 et 7. Compte tenu de la quasi-absence de territoires structurés et de la tenure privée du territoire, nos connaissances quant à l’effort de pêche et à l’état des populations sont fragmentaires. Toutefois, des études ont été réalisées ou sont sur le point de l’être afin de réactualiser ces connaissances au sujet de certaines populations d’espèces, exploitées ou non. Une étude de caractérisation ichtyologique de la rivière Etchemin et de ses tributaires a été réalisée entre 1996 et 1998, tandis qu’un diagnostic des communautés de poissons a été effectué au lac Saint-François. Dans le cas du lac Aylmer, un diagnostic des communautés de poissons est prévu en 2000.

Le fleuve Saint-Laurent, qui délimite la région au nord-ouest, a déjà offert un potentiel de pêche sportive nettement plus élevé, lorsque l’éperlan y abondait et qu’à l’automne, les quais se remplissaient d’amateurs qui venaient y chercher un repas facile. Le bar rayé, disparu au début des années soixante, exerçait quant à lui un attrait particulier chez les amateurs de sensations fortes, à cause de sa combativité et, parfois, de la grande taille de ceux qu’on pêchait. Aujourd’hui, les dorés et l’achigan à petite bouche sont les espèces les plus fréquentes dans le fleuve; on y trouve également du baret, du poulamon, de la barbue de rivière et une multitude d’espèces qui n’ont pas de caractère sportif particulier.

8.1.2 Pêche commerciale

La pêche commerciale se pratique uniquement dans le corridor du fleuve Saint-Laurent, bien que des poissons-appâts soient récoltés le long de certaines rivières. Alors qu’autrefois l’éperlan arc-en-ciel était l’une des principales espèces commerciales (et sportives) de la région, cette activité touche aujourd’hui principalement l’esturgeon noir, l’anguille d’Amérique et l’esturgeon jaune. La disparition de la pêche à l’éperlan, aussi bien commerciale que sportive, est liée à la dégradation de sa principale frayère dans la rivière Boyer et à la désertion de celle-ci par l’espèce dans les années 1970 et 1980.

Esturgeon noir

L’esturgeon noir se pêche principalement dans l’archipel de Montmagny et le bras nord de l’île d’Orléans, où a lieu 75 % de la récolte dans le Saint-Laurent. Cette pêcherie est, avec celle de la baie de Fundy, la dernière de toute la côte Atlantique en exploitation, tous les États américains ayant fermé les leurs pour cause de surexploitation.

Il y a eu 49 tonnes métriques de poissons récoltées en 1998 dans tout le Saint-Laurent et le produit est vendu en grande partie localement. Progressivement, depuis 1994, des restrictions ont été imposées à cette pêche : un contingent surveillé par des scellés, un nombre maximum de filets de pêche, une saison de pêche et une limite à la taille des prises en constituent les principales modalités.

Esturgeon jaune

L’esturgeon jaune est une espèce commerciale moins abondante que la précédente dans la région. Elle connaît aussi un problème de surexploitation et des mesures restreignant la pêche sont progressivement mises en place.

Dans la région, la pêche commerciale à l’esturgeon jaune est limitée aux alentours de l’île d’Orléans et n’est pratiquée que par un seul pêcheur. La récolte est de 5 tonnes métriques par année et vaut 3 dollars du kilogramme.

Éperlan arc-en-ciel

La diminution draconienne de l’abondance de l’espèce a sonné le glas de cette pêche à la fois sportive (pêche d’automne et de printemps, sur les sites de frai) et commerciale. Le produit était surtout consommé localement. Le rétablissement de la principale frayère à la rivière Boyer ne serait possible qu’en améliorant la qualité de l’eau de cette rivière qui parcourt un territoire principalement agricole.

Anguille d’Amérique

L’anguille est pêchée lors de sa dévalaison vers la mer, où elle retourne pour frayer sans en revenir. Cette espèce est principalement exportée à l’extérieur du pays. Elle connaît aussi des problèmes qui se traduisent par une baisse importante des captures commerciales

8.1.3 Autres espèces (espèces non exploitées)

Le fleuve Saint-Laurent, les cours d’eau, les lacs et les milieux humides de la région de la Chaudière-Appalaches servent d’habitat à au moins 15 espèces d’amphibiens et 7 espèces de reptiles. Les renseignements sur la répartition de ces espèces dans la région sont encore incomplets. De nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères sont aussi directement ou indirectement associées aux milieux aquatiques. Certaines des espèces animales présentes dans la région et associées à ces milieux font partie de la liste des espèces susceptibles d’être déclarées menacées ou vulnérables. Il s’agit de la salamandre sombre du Nord, de la tortue des bois, du râle jaune, du troglodyte à bec court et du petit blongios (Petit Butor). Les milieux aquatiques et en particulier les milieux humides et riverains sont, comme partout ailleurs dans le sud du Québec, très menacés par la pression du développement commercial, industriel, résidentiel et agricole. Il en est ainsi des tourbières, relativement abondantes dans la région, qui disparaissent à un rythme préoccupant.

Certains milieux aquatiques considérés comme des habitats fauniques essentiels jouissent d’une protection particulière en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c. C-61.1). Ce statut de protection ne s’applique cependant qu’aux habitats situés sur les terres du domaine public. La région de la Chaudière-Appalaches compte ainsi 72 aires de concentration d’oiseaux aquatiques réparties surtout le long du fleuve, 2 colonies d’oiseaux, 4 héronnières et 4 habitats du rat musqué. Notons également que tous les cours d’eau situés en terres publiques jouissent du même statut de protection, puisqu’ils sont considérés comme des habitats du poisson.

Les battures du fleuve Saint-Laurent sont intensivement fréquentées par des oiseaux aquatiques tels que l’oie des neiges et plusieurs espèces de canards. Certains milieux humides situés à l’intérieur des terres sont aussi fréquentés par la sauvagine comme les marais des lacs Saint-François et Aylmer ainsi que le lac Noir. La chasse sportive et l’observation de ces espèces génèrent des retombées économiques importantes. À titre d’exemple, les retombées économiques associées aux migrations printanières et automnales de l’oie des neiges dans le seul secteur de Montmagny étaient évaluées à plus de 10 millions de dollars en 1997 (chasse, observation, festival). Le piégeage du rat musqué, du castor, de la loutre et du vison génère également une activité économique qui n’a cependant pas été chiffrée à l’échelle régionale.

8.2 Activités de contact avec l’eau

Il existe un bon nombre de lacs dans la région mais peu sont de taille importante, mis à part le lac Etchemin et les lacs Saint-François et Aylmer (une partie seulement de ces deux derniers lacs fait partie de la région de la Chaudière-Appalaches). La tenure privée des rives a eu comme conséquence de concentrer la villégiature aux endroits favorables et de rendre l’accès difficile au public. Plusieurs lacs éprouvent d’ailleurs des problèmes d’eutrophisation. Toutefois, une partie du parc récréatif Frontenac sur les bords du lac Saint-François se trouve dans la région de la Chaudière-Appalaches et est facilement accessible au public. Plusieurs municipalités ont aménagé des parcs urbains et des haltes routières pour faciliter l’accès au cours d’eau (ex. : parc des Chutes-de–la-Chaudière). D’autres organismes privés ou publics encouragent des initiatives locales visant la pratique de la baignade, du canotage, du kayak, de la voile, de la pêche, etc. La villégiature est présente sur la plupart des rivières et elle génère aussi ce type d’activités. Notons enfin la présence d’une rivière à saumon, la rivière Ouelle (toutefois la partie de la rivière située dans le territoire n’abrite pas le saumon).

La bordure fluviale s’étire sur plus de 160 kilomètres et traverse les limites de 20 municipalités. Plusieurs d’entre elles ont des infrastructures telles que quais, marinas, rampes de mise à l’eau, campings. Plusieurs tronçons de la bordure sont protégés par leur vocation : réserve écologique, refuge d’oiseaux migrateurs, zone d’interdiction de chasse, aire de concentration d’oiseaux aquatiques. En plus de la villégiature bien établie, plusieurs activités sont pratiquées sur les bords du fleuve. Entre autres, l’observation et la chasse de la sauvagine, la pêche, le canotage, la voile et, de plus en plus, le kayak de mer. La baignade et la planche à voile sont des usages plutôt locaux, là où le littoral et la qualité de l’eau le permettent. Depuis la mise en place des stations d’épuration municipales, certaines plages jadis fréquentées pourraient être récupérées.

L’accès limité aux plans d’eau et, pour les rivières, le faible débit et la qualité douteuse de l’eau en période d’étiage constituent les facteurs limitant la pratique des activités aquatiques les plus souvent mentionnés par la population. Il est à noter que, depuis deux ans, on rapporte des cas de dermatite du baigneur sur le territoire, notamment aux lacs Aylmer, Saint-François et Fortin.

Table des matières

9. Initiatives locales

9.1 Projets en développement durable

Dans la version présommet du répertoire intitulé « 400 réussites en développement durable qui ont transformé le Québec » réalisé dans le cadre de l’ÉcoSommet 96, les projets qui ont un rapport avec les thèmes « lacs et cours d’eau » et « faune aquatique » de la région de la Chaudière-Appalaches ont été consultés afin de faire ressortir ceux qui sont rattachés au développement durable. Ces projets figurent au tableau A.6 en annexe et présentent les les promoteurs et les partenaires.

Le répertoire des réussites (400 projets), produit par le personnel d’ÉcoSommet, est le fruit des consultations publiques tenues dans 15 régions administratives du Québec et de 16 tables de consultation thématiques panquébécoises, qui se sont déroulées à l'automne 1995 et à l'hiver 1996.

ÉcoSommet est né de la volonté de groupes environnementaux de poursuivre le virage amorcé par le Sommet de Rio. Ses objectifs sont de mettre en valeur des réussites environnementales, de promouvoir de nouveaux projets, d'identifier des domaines d'action prioritaire et d'élaborer un plan d'action pour la prochaine décennie en matière de développement durable pour le Québec.

9.2 Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale

Le tableau 9.1 présente les projets en milieu hydrique de la région assujettis à la procédure d’évaluation environnementale ainsi que l’étape de la procédure à laquelle ils sont rendus.


Tableau 9.1 : Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale dans la région de la Chaudière-Appalaches

Nom du projet

Description sommaire

Étape de la procédure

(janvier 2000)

Action Chaudière 2000 par Action rivière Chaudière

Aménagement d’un barrage saisonnier rétractable sur la rivière Chaudière à la hauteur de Scott, pour rendre la rivière navigable en saison estivale entre les municipalités de Vallée-Jonction et de Scott

Recevabilité de l’étude d’impact

Structure de contrôle des niveaux du lac Frontière dans la municipalité de Lac-Frontière par l’Association de développement écotouristique et récréatif de Sainte-Lucie

Aménagement d’une structure de contrôle des niveaux d’eau du lac Frontière

Étude d’impact
(projet suspendu depuis 1995)

Implantation d'un seuil à la décharge du lac Etchemin

Aménagement d’un seuil à la décharge du lac Etchemin afin de contrôler le débit du cours d’eau.

Étude d’impact

Aménagement d'un barrage sur la rivière Chaudière à la hauteur de Saint-Georges

Aménagement d’un barrage saisonnier rétractable sur la rivière Chaudière à la hauteur de Saint-Georges pour rendre la rivière navigable en saison estivale

Recevabilité de l’étude d’impact

Creusage d’un chenal d’accès et d’un bassin de mouillage à la base nautique de Montmagny

Dragage du chenal d’accès ainsi que du bassin de mouillage afin d’obtenir une profondeur adéquate pour le fonctionnement du centre nautique

Étude d’impact
(projet actuellement suspendu par le promoteur)

Dévasement - Parc nautique Saint-Jean-Port-Joli

Mise en place d’un système de dévasement en continu au parc nautique de Saint-Jean-Port-Joli

Recevabilité de l’étude d’impact

Détournement de l'affluent du lac à la Truite à Thetford Mines

Rehaussement du seuil du barrage régularisant l’effluent du lac à la Truite et profilage de l’affluent de ce même lac afin de régler problème d’envasement d’une partie des riverains

Étude d’impact
(projet actuellement suspendu)

9.3 Initiatives en gestion de rivières

Au 1er juin 1998, la région de la Chaudière-Appalaches comptait 5 organismes de rivières. Ces organismes sont composés de citoyens qui se sont regroupés en corporation, en association ou en comité et qui se sont donné des mandats de protection, de restauration ou d’aménagement de leur rivière. Pour plus de précisions sur le nom de chacun de ces organismes et sur leurs mandats, on peut consulter le tableau A.7 en annexe.

Divers projets d’intervention en fonction des bassins versants ont été amorcés sur le territoire de la Chaudière-Appalaches. D’est en ouest, le bassin de la rivière du Sud, ceux de la Boyer, de l’Etchemin et de la Chaudière font l’objet de travaux pour mieux connaître la situation de ces rivières et entreprendre l’amélioration de la qualité de l’eau et du milieu. Il est d’ailleurs impossible de dissocier l’eau, le milieu et les activités qui s’y déroulent. Les problématiques agricoles, forestières, municipales et industrielles touchent à différents degrés ces bassins versants et des groupes locaux travaillent, avec des moyens souvent très réduits, à rétablir, au moins en partie, des conditions semblables à celles qui existaient auparavant.

9.3.1 Approches de la gestion intégrée de l’eau dans le bassin de la rivière Chaudière par le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC II)

La gestion intégrée de l’eau par bassin versant est reconnue par plusieurs pays comme l’approche à privilégier pour garantir la protection et la pérennité de la ressource eau. Cette forme de gestion permet d’établir des objectifs de qualité et de conciliation d’usages pour l’ensemble du cours d’eau. Elle permet de faire participer tous les usagers au processus, tant en ce qui concerne la définition des objectifs que les efforts à fournir pour les atteindre.

Le projet de gestion intégrée de l’eau dans le bassin de la rivière Chaudière par le COBARIC II est un projet-pilote né d’une initiative gouvernementale particulière, visant à proposer un modèle de gestion intégrée de l’eau par bassin versant en s’appuyant sur les différentes instances gouvernementales en place et sur les groupes d’intérêt présents. Il a pour but d’élaborer un schéma directeur de l’eau (SDE) et une proposition de financement pour la gestion intégrée de l’eau dans le bassin versant de la rivière Chaudière. À l’intérieur de son mandat, le COBARIC II doit également proposer des mécanismes de conciliation entre les instances municipales et d’harmonisation du SDE avec les schémas d’aménagement.

Le SDE est un outil de planification qui permet d’orienter les décisions et de structurer les mesures à prendre sur le territoire couvert par un bassin versant, tout en favorisant la concertation de tous les usagers et partenaires concernés. Il sert également de cadre de référence pour évaluer la compatibilité des projets susceptibles d’avoir des répercussions sur le milieu aquatique. Le SDE comprend un bilan de l’état du bassin versant, un diagnostic, des enjeux et des objectifs de même qu’un plan d’action (priorités).

Quant à la proposition de financement, elle doit notamment définir un contexte législatif, financier et fonctionnel et prévoir la création de divers outils qui permettront d’accroître le niveau de responsabilité des utilisateurs de l’eau et de les rendre responsables quant à l’utilisation et à la détérioration de l’eau.

L’exercice mené par le COBARIC II permettra d’évaluer la pertinence d’étendre éventuellement la gestion de l’eau par bassin versant à l’ensemble du Québec. Le projet de SDE et la proposition de financement ont été soumis à la population du bassin versant lors de consultations publiques tenues en janvier et février 2000. Ils seront ensuite soumis au ministre de l’Environnement. Le schéma qui sera produit n’aura pas de force exécutoire à moins qu’une décision gouvernementale en précise les modalités d’application. Le COBARIC II a déposé son rapport final au gouvernement du Québec en août 2000.

9.4 Zone d’intervention prioritaire (comité ZIP)

Le Comité ZIP de Québec et de la Chaudière-Appalaches est un organisme de concertation sans but lucratif incorporé en 1991. Son territoire d’intervention est le tronçon du fleuve Saint-Laurent compris entre la municipalité de Grondines et celle de Sault-au-Cochon sur la rive nord et celles de Sainte-Emmélie et Berthier-sur-Mer sur la rive sud. Il a comme mission de promouvoir la concertation des intervenants concernés afin de produire un plan d’action et de réhabilitation écologique (PARE) du fleuve Saint-Laurent sur son territoire et de mettre en œuvre des actions concrètes de réhabilitation, de conservation et de mise en valeur de celui-ci.

Ses principales réalisations pour la région de la Chaudière-Appalaches sont : l’inventaire et la caractérisation des accès publics au fleuve (rapport de janvier 1997), la renaturalisation et revégétalisation des berges de l’Anse Tibbits (Lévis) ainsi que l’organisation de 9 forums et conférences sur le fleuve Saint-Laurent et ses problématiques.

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