Développement durable, Environnement, Faune et Parcs Bandeau du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs
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Portrait régional de l’eau

Abitibi-Témiscamingue (Région administrative 08)

4. Portrait de l’eau souterraine

4.1 Usages
4.2 Problèmes de contamination

4.3 Gestion des eaux souterraines et aménagement du territoire

4.4 Références

5. Portrait municipal

5.1 Portrait général
5.2 Problématique spécifique

6. Portrait industriel

6.1 Portrait général
6.2 Problématiques spécifiques

7. Portrait agricole

7.1 Portrait général
7.2 Problématiques spécifiques

8. Portrait faunique et récréotouristique

8.1 Portrait faunique
8.2 Activités de contact avec l’eau

9. Initiatives locales

9.1 Projets en développement durable
9.2 Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale

9.3 Initiatives en gestion de rivières


4. Portrait de l’eau souterraine

4.1 Usages

Plus de 73 % de la population, soit environ 110 700 personnes, est alimentée par eau souterraine, dont plus de 41 % est alimentée par puits individuels (voir tableau A.2).

Au-delà de 3 800 puits ont fait l’objet d’un rapport de forage et sont enregistrés dans le système d'informations hydrogéologiques (S.I.H.) du ministère de l’Environnement pour le territoire. À ce nombre, il faut ajouter quelques milliers de puits de surface ainsi que tous les puits qui n’ont pas fait l’objet d’un rapport de forage ou dont les rapports ne sont pas encore saisis. On estime ainsi à environ 15 000 le nombre total de puits dispersés dans la région.

La région de l’Abitibi-Témiscamingue compte 2 puits de captage (ou résurgences captées) d’eau de source à des fins commerciales, situés tous deux dans la MRC Abitibi. La région compte 3 usines d’embouteillage dont une située dans la MRC Abitibi, une dans celle de Rouyn-Noranda et une autre dans la MRC Vallée-de-l’Or.

4.2 Problèmes de contamination

4.2.1 Contamination bactériologique

Une étude menée en 1994 par la Direction régionale de la santé publique a estimé que les 15 000 puits privés de l’Abitibi-Témiscamingue se répartissaient en puits artésiens à raison de 69 %, en puits de surface dans le sable à raison de 12 %, et en puits de surface dans l'argile à raison de 19 %. Pour chacun des 180 puits à l’étude, 10 échantillons ont été récoltés aux deux semaines, du 25 avril au 7 septembre 1994. Durant cette période, 35 % des puits artésiens, 84 % des puits de surface dans l’argile et 48 % des puits de surface dans le sable se sont révélés contaminés à au moins une occasion. La contamination bactériologique a été déterminée en prenant les mêmes critères que ceux du ministère de l'Environnement pour l'analyse de l'eau potable dans les réseaux d’aqueduc. Il s'agit donc d'un problème important.

4.2.2 Arsenic

La présence de métaux lourds dans les puits artésiens est aussi une préoccupation majeure en Abitibi-Témiscamingue, du fait notamment de la vocation minière et de la géologie naturelle de certains secteurs. Il est ressorti d’une étude menée par la Direction régionale de la santé publique que la présence d’arsenic était le plus important des problèmes liés aux métaux lourds. L’étude a permis aussi de valider l’hypothèse selon laquelle les puits contaminés étaient associés à un certain type de roche, lui-même assez souvent associé à certains gisements d’or. Puisque les villes se sont généralement construites là où il y avait une mine, certains puits privés creusés dans le même gisement se retrouvent avec de l’arsenic dans leur eau. Dans le cas des familles exposées, une diminution de la quantité d’eau contaminée ingérée a permis de ramener l’imprégnation biologique en arsenic sous la normale dans plus de 70 % des cas. Comme on le voit, dans le cas de l’arsenic, il est presque indispensable d’avoir une approche préventive qui commence par une bonne connaissance géologique de la région.

4.2.3 Entretien des puits privés et contrôle de la qualité de l’eau

Environ 30 % de la population de la région s’approvisionne en eau potable dans des puits privés. Comme nous l’avons vu précédemment, les puits sont parfois contaminés par des métaux lourds (puits artésiens) et montrent une contamination bactériologique notable (surtout les puits de surface).

Les résultats d’un sondage réalisé par la Direction de la santé publique en Abitibi-Témiscamingue afin de connaître la perception et les habitudes d’entretien des propriétaires de puits démontrent qu’environ 4 personnes sur 5 n’ont fait ni le nettoyage ni la désinfection de leur puits depuis 5 ans. La moyenne des analyses bactériologiques réalisées est de 0,15 analyse par puits par année sur 5 ans et de 0,21 analyse par puits par année pour la dernière année, ce qui dénote une sensibilisation accrue.

4.3 Gestion des eaux souterraines et aménagement du territoire

À ce jour, aucun conflit entre usagers de la ressource eau souterraine n’a été rapporté sur le territoire de la région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue. Les autorisations délivrées en vertu des articles 22 et 32 de la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2) constituent le moyen dont dispose actuellement le ministère de l’Environnement pour évaluer a priori l’impact potentiel d’un captage sur des usagers déjà en place. Toutefois, ces mécanismes d’autorisation ne portent pas sur l’ensemble des projets de captage, puisqu’ils ne visent qu’une partie des secteurs d’activités humaines susceptibles d’effectuer des captages d’importance.

Les périmètres de protection (immédiate, rapprochée et éloignée) des ouvrages de captage d’eau souterraine alimentant un réseau de distribution d’eau potable (c’est-à-dire la détermination de leur aire d’alimentation et de la vulnérabilité des eaux souterraines au sein de cette aire) ne sont pas généralement déterminés par les municipalités. Cependant, depuis 1996, le ministère de l’Environnement exige pour ces projets de captage, en vertu de la Directive 001 portant sur le captage et la distribution de l’eau, la détermination de ces périmètres et recommande l'adoption d'une réglementation visant à régir les usages des eaux souterraines sur le territoire et les activités qui en influencent la qualité.

Les municipalités d’Amos, de Val-d’Or et de Val-Senneville s’approvisionnent en eau potable à partir d’eskers. Les eskers, de par leur composition géologique (sable et gravier), fournissent une eau de qualité pour la consommation humaine, mais ils constituent des zones sensibles à la contamination.

La ville d’Amos est sans doute l’une des plus sensibles à la problématique de l’approvisionnement en eau potable. Depuis 1976, les menaces de contamination des sources d’eau potable ont été nombreuses. Mentionnons à ce propos l’exploitation de sable et de gravier, les projets de lotissements résidentiels, l’entreposage de véhicules routiers désaffectés, l’exploitation forestière et les lignes de transport d’énergie. Des failles dans le cadre législatif font que le problème demeure. En particulier, la Loi sur les mines (L.R.Q., c. M-13.1), qui a préséance sur toutes les autres, a amené Amos à tenter de faire adopter une loi d'intérêt privé par l’Assemblée nationale.

La situation de Val-d’Or et de Val-Senneville, qui s'approvisionnent à même la moraine Harricana, ressemble beaucoup à celle d’Amos. À plusieurs reprises, ces municipalités ont dû réagir face à la menace que constitue l'exploitation de sablières. Les municipalités de Senneterre et de Malartic désirent quant à elles protéger l’aire d’alimentation de leurs ouvrages de captage d’eau souterraine des conséquences d’activités minières futures. De même, une entreprise d’eau commerciale de la municipalité de Saint-Mathieu-d’Harricana, Eaux vives Harricana, est en pourparlers actuellement avec les autorités gouvernementales, gestionnaires des terres publiques qui environnent sa propriété, afin de protéger l’aire d’alimentation de ses ouvrages de captage des répercussions d’activités humaines futures.

Soulignons enfin qu’il y a contamination naturelle à l’arsenic de puits privés dans certains secteurs des municipalités de Dubuisson, Rivière-Héva, Duparquet, Rapide-Danseur, Rouyn-Noranda (quartier Granada), Chazel et Clermont.

4.4 Références

BEAUMIER, M., F. KIROUAC et M. LEDUC, 1994. BADGEQ en totalité sur support digital, Québec, Ministère des Ressources naturelles.

McCORMACK, R., 1985. Carte de vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution - Région de l'Abitibi-Témiscamingue, Québec, Ministère de l’Environnement.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT DU QUÉBEC, 1984. Directive no 001 – Captage et distribution de l’eau, Québec.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1995. Guide sur les périmètres de protection autour des ouvrages de captage d’eau souterraine, Les Publications du Québec.

POISSANT, L.-M., 1998. Perception de la qualité de l’eau, habitudes d’aménagement et d’entretien des puits domestiques chez leurs propriétaires en Abitibi-Témiscamingue en 1996, Québec, Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, 70 p.

POISSANT, L.-M., 1997. La contamination à l’arsenic des puits domestiques en Abitibi-Témiscamingue, Québec, Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, 104 p.

POISSANT, L.-M., 1995. La contamination bactériologique des puits domestiques en Abitibi-Témiscamingue, Québec, Régie régionale de la santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, 94 p.

SIMARD, G. et R. DES ROSIERS, 1979. Qualité des eaux souterraines du Québec, rapport H.G.-13, Québec, Ministère de l’Environnement, Direction générale des inventaires et de la recherche.

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5. Portrait municipal

5.1 Portrait général

5.1.1 Gestion des services d’alimentation en eau

La région de l’Abitibi-Témiscamingue compte 42 réseaux municipaux d’eau potable qui desservent une population de 105 376 habitants dans 41 municipalités. De ces réseaux, 11 possèdent un système de traitement (plus de détails sont fournis au tableau A.2 en annexe).

On estime que 26,6 % de la population de la région est alimentée par eau de surface tandis que 73,4 % est alimentée en eau souterraine, et ce, principalement dans deux villes importantes : Val-d’Or et Amos. De ce dernier pourcentage, environ 58,9 % de la population est alimentée par des réseaux municipaux et 41,1 % par des puits individuels.

5.1.2 Gestion des eaux usées municipales

Dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, 72 % de la population était raccordée à un réseau d’égouts municipal en 1999. Le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ) et le Programme d’assainissement des eaux municipales (PADEM) ont permis l’investissement par le gouvernement du Québec et les municipalités de près de 176 millions de dollars pour la construction d’infrastructures d’assainissement des eaux usées municipales. Grâce à ces investissements, 92 % de la population de la région de l’Abitibi-Témiscamingue raccordée à un réseau d’égouts traitait ses eaux usées le 31 décembre 1999. Pour connaître les données par MRC, on peut consulter le tableau A.3 en annexe.

5.2 Problématiques spécifiques

5.2.1 Eau potable

Outre les problèmes mentionnés à la section 4.3 pour certaines municipalités qui s’approvisionnent en eau souterraine (Amos, Val-d’Or et Val-Senneville), les activités minières près du lac Dufault menacent aussi la qualité de l’eau potable de 75 % de la population de la MRC Rouyn-Noranda.

La région de l’Abitibi-Témiscamingue compte aussi beaucoup de petites municipalités possédant des réseaux d’aqueduc de faible dimension qui sont souvent entretenus par une main-d'œuvre peu spécialisée ou non suffisamment qualifiée. La conséquence est que les citoyens de ces petites municipalités reçoivent parfois des avis les enjoignant de faire bouillir leur eau de consommation.

5.2.2 Eaux usées

En raison des grandes étendues argileuses de la région, plusieurs propriétaires de résidences isolées situées sur un sol imperméable n’ont d’autre choix que d’installer un filtre à sable classique ou l’équivalent pour traiter leurs eaux usées. Selon les normes prescrites, l’effluent de ce type de système doit être rejeté dans un cours d’eau à 1 500 mètres en amont d’un lac, ce qui s’avère irréalisable dans la grande majorité des cas. Faute de solutions de rechange, plusieurs citoyens ont des installations illégales. Un projet pilote a toutefois été entrepris dans la municipalité de Senneterre Paroisse, où un système de filtration biologique à base de mousse de sphaigne et de plantes aquatiques est actuellement à l’essai.

5.2.3 Protection des rives, du littoral et des plaines inondables

L'omniprésence des lacs et des cours d'eau à proximité des lieux habités amène une pression importante sur les rives et le littoral. En effet, on trouve sur les berges d’un grand nombre de plans d'eau et de plusieurs rivières des développements domiciliaires et des lieux voués à la villégiature. Les effets de ces développements sont le déboisement des rives, la réalisation de divers travaux ne cadrant pas avec la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables de même que des cas d'érosion, de creusage et de remblayage. Le caractère naturel de plusieurs plans d'eau est ainsi gravement menacé.

L’Abitibi-Témiscamingue compte 85 municipalités dont 69 ont moins de 2 000 habitants. La responsabilité d’appliquer la Politique leur est dévolue et la majorité d’entre elles s’acquittent difficilement de cette tâche. De plus, le citoyen connaît rarement les règles à respecter et une information sûre n’est pas toujours disponible auprès de sa municipalité.

En matière de plaines inondables, l’Abitibi-Témiscamingue ne constitue pas une région à risque. Dans certains secteurs toutefois, des inondations se sont déjà produites. La Convention Canada-Québec sur la cartographie des zones inondables n’a pas permis de réaliser de cartographie officielle. Les renseignements relatifs aux plaines inondables et aux cotes d’inondation sont donc très partiels et imprécis.

5.2.4 Projet à venir

Il importe de mentionner que l’Ontario étudie la possibilité de créer un immense site d’enfouissement sanitaire près de Kirkland Lake, à quelques pas de la rivière Blanche, qui coule vers le Québec, à la tête du lac Témiscamingue.

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6. Portrait industriel

6.1 Portrait général

6.1.1 Secteur primaire

L’Abitibi-Témiscamingue est la plus importante région minière du Québec et, conséquemment, la région la plus affectée par la pollution générée par les activités minières. Cette région renferme près de 50 % des sites miniers du Québec, occupant une superficie d’un peu moins de 5 000 hectares. L’activité minière y est caractérisée principalement par l’exploitation de mines d’or, mais on y retrouve également des mines polymétalliques.

L’industrie minière utilise des quantités importantes d’eau. Utilisée surtout à l’étape de l’enrichissement du minerai, l’eau provient de source « fraîche » (ex. : cours d’eau) ou de la recirculation d’eaux usées (ex. : sortie du parc à résidus). Le maintien à sec des chantiers miniers exige le pompage de l’eau souterraine. Le rabattement de la nappe phréatique dans le secteur d’influence des travaux cause parfois des problèmes d’approvisionnement, mais de façon temporaire.

Les principaux problèmes reliés à l’eau sont l’acidification causée par les aires d’accumulation de résidus miniers générateurs d’acide et la contamination par les métaux lourds. Les aires d’accumulation de résidus miniers incluent les parcs à résidus miniers, les haldes de stériles ainsi que les bassins de décantation des boues.

Selon le ministère des Ressources naturelles, la région compte 147 aires d’accumulation de résidus miniers qui occupent une superficie de 4 560 hectares. Près de 67 % de la superficie de ces aires est considérée comme inactive, puisqu’elles ne reçoivent plus de résidus miniers, et environ 56 % de la superficie totale des aires d’accumulation contient des résidus potentiellement générateurs d’acide. Les tableaux 6.1 et 6.2 présentent certaines données du ministère des Ressources naturelles sur les aires d’accumulation actives et inactives. Des discussions sont en cours entre le ministère des Ressources naturelles et le ministère de l’Environnement concernant la classification des aires d’accumulation (potentiellement générateur d’acide, basique ou neutre).


Tableau 6.1 : Aires d’accumulation de résidus miniers actives de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

Nombre

Superficie
(ha)

Potentiellement génératrices d’acide

Basiques

Neutres

Superficie restaurée
(ha)

37

1 517

17 (1 041 ha)

0

20

31

Source : Ministère des Ressources naturelles.

Les effluents des sites actifs sont vérifiés et doivent respecter les normes de la directive minière 019 du ministère de l’Environnement. Le pourcentage de conformité des effluents s’est grandement amélioré entre 1989 et 1993. Il se maintient au-dessus de 97 % depuis 1993.


Tableau 6.2 : Aires d’accumulation de résidus miniers inactives de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

Nombre

Superficie
(ha)

Potentiellement génératrices d’acide

Superficie restaurée
(ha)

Nombre

Superficie
(ha)

110

3 043

41

1 537

1 605

Source : Ministère des Ressources naturelles.

Parmi les 110 aires d’accumulation inactives, 42 ont fait l’objet d’une restauration complète pour une superficie restaurée de 1 605 hectares. Douze de ces aires étaient potentiellement ou actuellement génératrices de drainage acide. La restauration des parcs inactifs est longue et très coûteuse. Un certain nombre de sites qualifiés « d’aires orphelines » posent encore problème au regard de leur restauration, en raison de l’impossibilité d’identifier un propriétaire ou de l’insolvabilité du propriétaire. Pour faire en sorte que cette situation ne se reproduise plus, le ministère des Ressources naturelles a modifié la Loi sur les mines (L.R.Q., c. M-13.1) afin d’assurer la restauration des terrains affectés par les activités minières. Depuis 1995, toute personne qui réalise certains travaux d’exploration ou d’exploitation minière est tenue de déposer un plan de restauration et une garantie financière couvrant 70 % du coût de restauration des aires d’accumulation.

Le ministère des Ressources naturelles investit plus de 2 millions de dollars par année en travaux de restauration depuis 10 ans. Sur les 16 millions de dollars affectés depuis 1990 à la restauration des sites inactifs qui ont été rétrocédés à l’État dans l’ensemble du Québec, près de 13 millions de dollars ont été dépensés en Abitibi-Témiscamingue, soit 80% du total.

L’exploitation minière d’antan a laissé des cicatrices importantes sur le terrain et a beaucoup affecté la faune et la qualité de l’eau de certains lacs et cours d’eau, notamment les lacs Dufault et Arnoux ainsi que les rivières Bourlamaque et Piché.

Dans la municipalité d’Arntfield, le développement du territoire du bassin du lac Dasserat pourrait être compromis par la pollution de l’eau causée par les parcs à résidus miniers générateurs d’acide de l’ancienne mine Aldermac. Plusieurs groupes environnementaux de la région sont préoccupés par la problématique des parcs à résidus miniers, notamment ceux qui sont inactifs.

La région compte aussi plusieurs carrières et sablières, dont une quinzaine d’importance selon le ministère des Ressources naturelles. De façon générale, l’exploitation des carrières et sablières a peu d’impact sur les eaux souterraines, à part l’abaissement de la nappe phréatique dans certains cas d’exploitation situés sous le niveau de cette nappe. En ce qui concerne les eaux de surface, les eaux générées par l’exploitation d’une carrière ou d’une sablière ou par un procédé de concassage ou de tamisage doivent respecter les concentrations prévues au Règlement sur les carrières et sablières.

6.1.2 Secteur secondaire

Dans le secteur secondaire, parmi quelque 180 établissements industriels et manufacturiers de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, environ 83 % comptent moins de 50 employés. De ce nombre, le ministère de l’Environnement a compté, en 1995, 37 établissements dont les rejets d’eaux usées (eaux de procédé) étaient susceptibles de causer directement ou indirectement des dommages significatifs à l’environnement, soit en raison de leur nature ou de leur quantité. Dans les autres établissements, l’eau est principalement réservée à un usage domestique.

Le tableau A.4 en annexe présente quelques caractéristiques de ces 37 établissements, répartis en fonction de la taille des entreprises, des secteurs d’activité industrielle et du lieu de rejet des eaux usées (rejet dans un réseau d’égouts municipal ou dans l’environnement). On remarque que 19 établissements, soit environ 50 %, sont raccordés à un réseau d’égouts municipal.

Depuis les années 1970, diverses mesures ont été progressivement mises en œuvre par le gouvernement en vue d’assainir les eaux usées industrielles : délivrance d’autorisations préalablement à l’implantation d’un établissement industriel, adoption de règlements dans deux secteurs industriels, soit le secteur des pâtes et papiers et celui du raffinage du pétrole, réalisation de programmes d’intervention spécifiques tels le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ), le Plan d’action Saint-Laurent (PASL/SLV 2000) et, depuis peu, le Programme de réduction des rejets industriels (PRRI). Dans le cas des établissements qui déversent leurs effluents directement dans l’environnement, de plus en plus, le Ministère se réfère, pour établir le niveau d’assainissement, aux critères de qualité des eaux de surface et établit des objectifs environnementaux de rejet (OER), tout en tenant compte de la meilleure technologie disponible et économiquement acceptable. Par ailleurs, au niveau municipal, des règlements régissant les rejets industriels dans les réseaux d’égouts ont été adoptés à l’occasion de l’implantation des stations d’épuration.

En 1995, le ministère de l’Environnement a dressé un état de la situation de l’assainissement des eaux usées industrielles pour l’ensemble du Québec. Il a déterminé le nombre d’établissements qui avaient terminé leurs travaux d’assainissement (ex. : installation d’un système de prétraitement pour les établissements raccordés à un réseau d’égouts municipal ou d’un système de traitement complet pour ceux qui déversent leurs effluents dans l’environnement) ou étaient en train de les réaliser et le nombre de ceux qui en étaient à l’étape d’évaluation de correctifs. Les travaux d’assainissement sont considérés comme terminés lorsque les ouvrages installés sont susceptibles d’assurer le respect des normes réglementaires ou de toute autre exigence établie en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2), et ceci à la date visée.

Le tableau A.4 en annexe présente également une évaluation du taux d’avancement des travaux d’assainissement, réalisée en 1995, pour les industries de la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Les grandes entreprises avaient réalisé les travaux d’assainissement qui étaient alors requis par le ministère de l’Environnement, tandis que le taux d’assainissement observé était beaucoup plus faible pour les moyennes et petites entreprises, surtout concentrées dans le secteur agroalimentaire et celui de la transformation du bois.. Toutefois, près de 60 % des industries raccordées à un réseau d’égouts municipal voyaient leurs effluents traités dans une station d’épuration, permettant ainsi d’assurer le traitement de plusieurs types de contaminants. Depuis 1995, plusieurs autres établissements ont réalisé des travaux d’assainissement, mais aucun nouvel inventaire n’a été réalisé.

Actuellement, les problématiques relatives à l’eau concernent principalement le secteur de la métallurgie reliée à l’activité minière, le secteur des pâtes et papiers et celui de la transformation du bois.

Secteur de la métallurgie

La région de l’Abitibi-Témiscamingue est au cœur des préoccupations provinciales au sujet des pluies acides et de l’acidité des lacs. Plusieurs plans d’eau, tout particulièrement certains plans d’eau du Témiscamingue, ont été affectés et sont toujours affectés par les précipitations acides. La réduction des émissions acides de la fonderie Horne (Noranda inc.) et d’Inco (Sudbury), depuis quelques années, permet toutefois d’escompter une certaine amélioration de l’habitat du poisson de ces lacs.

Secteur des pâtes et papiers

Parmi les industries répertoriées dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue, les établissements du secteur des pâtes et papiers présentent des volumes de rejets très importants et sont aussi les plus grands utilisateurs d’eau. Le tableau 6.3 présente ces établissements en précisant leur point de rejet, le débit moyen de rejet et le type de traitement de leurs eaux usées industrielles. Ces entreprises sont assujetties à des normes sectorielles de rejets, en vertu du Règlement sur les fabriques de pâtes et papiers. Leurs eaux usées ne sont rejetées dans l’environnement qu’après un traitement, ce qui en diminue considérablement l’impact sur le milieu récepteur. À l’heure actuelle, une seule usine ne respecte pas tous les paramètres des normes d’effluent du règlement; un plan correcteur est en voie de réalisation afin de remédier à la situation.

De plus, en vertu de la section IV.2 relative à l’attestation d’assainissement dans la Loi sur la qualité de l’environnement (L.R.Q., c. Q-2) et du Règlement sur les attestations d’assainissement en milieu industriel, ces entreprises devront élaborer et appliquer progressivement des plans d’assainissement afin de respecter des normes supplémentaires basées sur le milieu récepteur. Elles auront aussi une incitation économique à réduire les quantités de contaminants qu’elles rejettent dans l’environnement, en raison de la redevance relative à la pollution imposée par le règlement. Cette redevance prendra effet après la délivrance des premières attestations d’assainissement. Le calcul de la redevance est établi en fonction des quantités de contaminants rejetées et non en fonction des volumes d’eau prélevés ou rejetés. Il n’y a donc pas d’incitation directe à réduire le volume d’eau utilisé.

Tableau 6.3 : Caractéristiques des deux fabriques de pâtes et papiers de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

Établissement industriel
MUNICIPALITÉ

Point de rejet

Effluent final
(rejet)
Débit en m3/jour 1996

Traitement des eaux usées de procédé

Produits forestiers Donohue inc.
AMOS

Rivière Harricana

20 400

Primaire et biologique

Tembec inc.
TÉMISCAMINGUE

Rivière des Outaouais

176 500

Primaire et biologique

Secteur de la transformation du bois

Il existe en Abitibi-Témiscamingue un grand nombre de scieries. Celles-ci génèrent chaque année d’importantes quantités de résidus (écorces, sciures) qui sont déposés dans des parcs à résidus ligneux. La région comporte 31 parcs à résidus importants, dont les eaux de lixiviation (contenant des phénols, des acides résiniques, etc.) affectent à divers degrés la qualité des cours d’eau ou de la nappe phréatique.

Douze de ces parcs sont considérés comme inactifs puisqu’ils ne reçoivent plus de résidus et seuls 3 de ceux-ci ont été restaurés. Ils se répartissent ainsi :


Tableau 6.4 : Parcs à résidus ligneux de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

MRC

Parcs actifs

Parcs inactifs

Types de résidus
Non restaurés Restaurés Scieries Pâtes et papiers Autres
Abitibi 4 1 1 5 1 0
Abitibi-Ouest 3 2 0 5 0 0
Rouyn-Noranda 0 4 0 4 0 0
Témiscamingue 8 1 1 6 2 2
Vallée-de-l’Or 4 1 1 5 0 1
TOTAL 19 9 3 25 3 3

La solution aux problèmes environnementaux des résidus ligneux provenant des scieries de la région passe par leur valorisation, soit à des fins énergétiques, soit comme amendement agricole. Des projets pilotes dans la MRC Abitibi sont en cours afin d’évaluer le potentiel d’utilisation des boues biologiques du système de traitement des eaux usées comme fertilisants pour les terres agricoles et dans la restauration des parcs à résidus ligneux ou miniers.

6.1.3 Secteur tertiaire

Le secteur tertiaire regroupe les activités commerciales et les services. L’usage de l’eau s’y limite généralement à un usage domestique.

6.2 Problématique spécifique

6.2.1 Dépôts pétroliers

En Abitibi-Témiscamingue, 5 villes importantes ont à l’intérieur de leurs limites un ou plusieurs dépôts pétroliers servant de transit entre les raffineries et les détaillants régionaux de produits pétroliers. L’exploitation de ces dépôts, dans certains cas, a été à l’origine de la contamination des sols et de l’eau. À Val-d’Or et à Rouyn-Noranda, certains dépôts ont contaminé la nappe phréatique sous le terrain qu’ils occupent, ce qui a des conséquences manifestes pour les résidents et les commerces voisins. À titre d’exemple, mentionnons la contamination de puits privés au-delà des critères de qualité pour l’eau potable.

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7. Portrait agricole

7.1 Portrait général

En 1996, la région de l’Abitibi-Témiscamingue regroupait 2,5 % des fermes et 4,6 % des superficies cultivées du Québec. L’importance de l’agriculture dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue se traduisait par 892 fermes occupant 3 % du territoire (incluant les boisés) et 1,2 % des terres en culture. La superficie cultivée et drainée était de 804 km2, dont 1 % était irriguée. On y trouvait un cheptel de 55 997 bovins, de 8 584 ovins, de 2 042 porcins et de 170 046 volailles, la production de la volaille étant concentrée dans la MRC Vallée-de-l’Or et celle du porc dans la MRC Témiscamingue (voir tableau A.5 en annexe).

S’il existe une problématique agricole au regard du portrait régional de l’eau, elle provient ou pourrait provenir de deux secteurs, soit la production porcine et bovine. Certaines rivières sont par conséquent susceptibles d’être affectées par les activités agricoles, notamment la rivière à la Loutre au Témiscamingue et la rivière Dagenais en Abitibi-Ouest. L’impact réel ou potentiel de la production porcine prévaut surtout dans la MRC Témiscamingue et de la plus récente vague d’expansion de cet élevage, survenue entre 1994 et 1996.

7.2 Problématiques spécifiques

Les problématiques agricoles spécifiques seront traitées par municipalité régionale de comté (MRC). La région de l’Abitibi-Témiscamingue présente un bilan agroenvironnemental relativement positif, explicable par la faible importance du secteur de l’agriculture dans cette région par rapport, notamment, au secteur industriel.

On ne peut encore parler de concentration, mais la MRC Témiscamingue est actuellement le lieu d’implantation privilégié des nouveaux élevages porcins. Une nouvelle vague d’expansion pourrait devenir préoccupante du fait que le développement de ce secteur se situe pour une très large part dans l’axe Fugèreville-Laverlochère-Guigues, axe qui coïncide avec celui de la rivière à la Loutre et son bassin versant. Compte tenu des problèmes d’érosion et d’eutrophisation qui affectent déjà ce cours d’eau, sa capacité de support pourrait devenir un facteur limitant du développement.

Quant au secteur bovin de boucherie, dominant dans les MRC Abitibi-Ouest et Abitibi, il constitue un secteur potentiellement préoccupant (impact actuel non connu) du fait que la région se spécialise dans le créneau vaches-veaux et que cette production se fait suivant une régie dite en « aménagement minimal », non traditionnellement encadrée par la réglementation environnementale. La préoccupation vient aussi du fait que la région est celle qui comporte le plus de fermes de  100 unités animales et plus  au Québec : 65, contre une moyenne québécoise de 35 par région.

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8. Portrait faunique et récréotouristique

8.1 Portrait faunique

8.1.1 Pêche sportive

L’Abitibi-Témiscamingue recèle de nombreux plans d’eau de différentes tailles et une grande partie de son territoire est boisée. Ce sont les deux principaux facteurs qui font que l’exploitation et l’observation de la faune jouent un rôle important dans l’économie régionale.

La pêche sportive est l’activité de prélèvement qui génère le plus de retombées économiques. À partir de données provenant de différentes sources, en 1995, le ministère de l’Environnement évaluait ces retombées à 40 millions de dollars. La pêche sportive est pratiquée surtout en territoire libre (83 %), par les résidents essentiellement, mais aussi dans les territoires fauniques, autant par les résidents québécois que par des non-résidents.


Tableau 8.1 : Retombées de la pêche sportive par MRC, en milliers de dollars

MRC

TERRITOIRE LIBRE

TERRITOIRES FAUNIQUES

SOUS-TOTAL

TOTAL

Résidents

Non-résidents

Résidents

Non-résidents

Résidents

Non-résidents

Abitibi

1 129,4

180,3

2,0

0,2

1 131,4

180,5

1 311,9

Abitibi-Ouest

1 138,8

289,3

3,6

0,3

1 142,4

289,6

1 432,0

Rouyn-Noranda

1 972,7

878,7

35,2

2,6

2 007,9

881,3

2 889,2

Témiscamingue

7 896,1

7 639,4

1 606,0

2 736,3

9 502,1

10 375,7

19 877,8

Vallée-de-l’Or

8 537,9

2 829,2

1 676,1

479,6

10 214,0

3 308,8

13 522,8

TOTAL

20 674,9

11 816,9

3 322,9

3 219,0

23 997,8

15 035,9

39 033,7

8.1.2 Pêche commerciale

La pêche commerciale est une activité plutôt marginale dans la région. Seulement trois entreprises détiennent des permis, leur permettant de capturer l’esturgeon et le corégone dans certains plans d’eau. En raison de la productivité plutôt limitée de ces espèces, les quotas des entreprises sont restreints. Les ventes annuelles atteignent environ 45 000 dollars.

8.2 Activités de contact avec l’eau

Le territoire de la région de l’Abitibi-Témiscamingue est parsemé de ZEC. On y trouve aussi le parc d’Aiguebelle et une partie de la réserve faunique La Vérendrye. Toute cette région est donc très propice à la chasse, à la pêche et au camping.

Les eaux des rivières de la partie nord de la région sont naturellement très colorées et leur écoulement est lent. Certaines activités récréatives, dont la baignade, s’observent donc davantage sur les lacs que sur les rivières. La pêche et le nautisme sont tout de même pratiqués un peu partout. Par exemple, les rives des lacs Dufault et Beauchastel, d’abord fréquentées par les villégiateurs, sont de plus en plus colonisées par les résidents permanents qui trouvent, durant la saison estivale, les lieux propices pour s’adonner à leurs activités nautiques favorites.

Les eaux de la partie sud de la région s’écoulent vers la rivière des Outaouais. On y trouve plusieurs grands plans d’eau fréquentés par les pêcheurs et les amateurs de nautisme. Le lac Témiscamingue est fort utilisé. Il accueille les villégiateurs, les pêcheurs durant toute l’année, les adeptes de nautisme, les baigneurs et quelques véliplanchistes. On y organise des compétitions annuelles de natation et des régates.

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9. Initiatives locales

9.1 Projets en développement durable

Dans la version présommet du répertoire intitulé 400 réussites en développement durable qui ont transformé le Québec, réalisé à l’occasion de l’ÉcoSommet 96, les projets qui ont un rapport avec les thèmes « lacs et cours d’eau » et « faune aquatique » de la région de l’Abitibi-Témiscamingue ont été consultés afin de faire ressortir ceux qui sont rattachés au développement durable. Le seul projet retenu est l’Aménagement du lac Édouard en un jardin botanique, dont la Ville de Rouyn-Noranda se fait le promoteur avec divers partenaires.

Le répertoire des réussites (400 projets), produit par le personnel d’ÉcoSommet, est le fruit des consultations publiques tenues dans 15 régions administratives du Québec et de 16 tables de consultation thématiques panquébécoises, qui se sont déroulées à l'automne 1995 et à l'hiver 1996.

ÉcoSommet est né de la volonté de groupes environnementaux de poursuivre le virage amorcé par le Sommet de Rio. Ses objectifs sont de mettre en valeur des réussites environnementales, de promouvoir de nouveaux projets, d'identifier des domaines d'action prioritaire et d'élaborer un plan d'action pour la prochaine décennie en matière de développement durable pour le Québec.

9.2 Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale

Le tableau 9.1 présente les projets en milieu hydrique de la région assujettis à la procédure d’évaluation environnementale, en indiquant l’étape de la procédure à laquelle ils sont rendus.


Tableau 9.1 : Projets en milieu hydrique assujettis à la procédure d’évaluation environnementale dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue

Nom du projet

Description sommaire

Étape de la procédure
(janvier 2000)

Centrale Tabaret par Hydro-Québec

Construction d’une centrale hydro-électrique de 130 MW entre les lacs Kipawa et Témiscamingue

Étude d’impact

Route 395 entre le pont Tancrède et Preissac à Preissac par le ministère des Transports du Québec

Reconstruction de la route 395 entre le pont Tancrède et Preissac nécessitant plusieurs remblais dans un lac

Étude d’impact
(projet actuellement suspendu)

Dérivation partielle de la rivière Mégiscane à Senneterre par Hydro-Québec

Détournement partiel de la rivière Mégiscane vers le réservoir Gouin dans le but d’augmenter le pouvoir hydroélectrique de la rivière Saint-Maurice

Étude d’impact
(projet actuellement suspendu)

9.3 Initiatives en gestion de rivières

Au 1er juin 1998, la région de l’Abitibi-Témiscamingue comptait un seul organisme de rivière. Les organismes de gestion de rivières sont composés de citoyens qui se sont regroupés en corporation, en association ou en comité et qui se sont donné des mandats de protection, de restauration ou d’aménagement de leur rivière. Pour plus de précision sur le nom de l’organisme de rivière et son mandat, on peut consulter le tableau A.6 en annexe.

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