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Portrait régional de l’eau

Estrie (Région administrative 05)

1. Portrait socio-économique de la région

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières
2.2 Lacs

2.3 Barrages

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières
3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.3 Références des publications les plus récentes


1. Portrait socio-économique de la région

L’Estrie constitue la partie sud-est du Québec, à la frontière des États-Unis. Elle est contiguë aux régions de la Chaudière-Appalaches à l’est, du Centre-du-Québec au nord et de la Montérégie à l’ouest. Traversée par les Appalaches, cette région se caractérise par son paysage montagneux et vallonné.

Source :	Carte tirée de l'Atlas du Québec et de ses régions à l'adresse Internet : http:/www./atlasduquebec.qc.ca

Source : Carte tirée de l’Atlas du Québec et de ses régions à l’adresse Internet : http:/www./atlasduquebec.qc.ca

La région de l’Estrie compte une population de 290 493 personnes représentant 3,9 % de la population québécoise. Elle se répartit dans 102 municipalités regroupées en 7 municipalités régionales de comté (MRC).

L'Estrie possède des ressources industrielles très variées. Les secteurs des mines, des forêts, du textile, des pâtes et papiers et de l’agriculture y sont très productifs. Le secteur tertiaire constitue le plus important pourvoyeur d’emplois de la région (63,3 %). L’activité récréotouristique contribue à cet apport.

Tableau 1.1 : Population par division administrative

Division administrative

Population
(2000)

MRC Asbestos

15 420

MRC Coaticook

16 592

MRC La Région-Sherbrookoise

143 409

MRC Le Granit

21 908

MRC Le Haut-Saint-François

22 028

MRC Le Val-Saint-François

29 180

MRC Memphrémagog

41 956


Tableau 1.2 : Caractéristiques territoriales et socio-économiques de la région

Caractéristique

Donnée

Population totale1 (habitants)

290 493

(2000)

Superficie du territoire2 (km2)

10 134,18

(1997)

Nombre de MRC2

7

(1998)

Nombre de municipalités et territoires équivalents1

102

(2000)

Nombre d’établissements manufacturiers3

742

(1998)

Nombre d’établissements miniers* en exploitation 4

36

(1997)

Pourcentage du territoire en forêt4 (%)

76,6

(1995)

Pourcentage du territoire en agriculture5 (%)

32,3

(1997)

Taux de chômage2 (%)

10,5

(1997)

Revenus moyens totaux des particuliers2 ($)

22 621

(1996)

Emplois2 : secteur primaire (%)
secteur secondaire (%)
secteur tertiaire (%)

6,5
30,1
63,3

(1997)
(1997)
(1997)

* : Incluant les carrières, les sablières et les tourbières d’importance.

Sources : 

  1. Ministère des Affaires municipales et de la Métropole.
  2. Institut de la statistique du Québec.
  3. Centre de recherche industrielle du Québec.
  4. Ministère des Ressources naturelles.
  5. Statistique Canada.

En 1995, le territoire forestier couvrait 76,6 % de la région de l’Estrie, dont 9 % en forêt publique et 91 % en forêt privée. En 1997, le territoire agricole, incluant les boisés, représentait quant à lui, 32,3 % du territoire de cette région. En 1998, on trouvait dans la région 742 établissements manufacturiers tandis que, en 1997, 36 établissements miniers étaient en exploitation.

Table des matières

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières

Les caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région sont présentées au tableau 2.1. Les débits (moyen, maximal, minimal) ont été calculés à partir de mesures relevées pendant plusieurs années d’observation (20 ans et plus). Les rivières Saint-François, Chaudière supérieure, Nicolet Sud-Ouest, Magog, Massawippi, au Saumon, Eaton et Missisquoi ont toutes un bassin versant supérieur à 600 km2. Pour connaître les délimitations de certains bassins versants de la région, on peut consulter la carte relative à la qualité de l’eau à la section 3 de ce document.

Le prélèvement d’eau de surface à des fins municipales, industrielles, agricoles ou commerciales ne pose pas de problème actuellement dans la région de l’Estrie, même si certains cours d’eau sont fortement sollicités, telles les rivières Saint-François, Magog et bientôt la rivière Nicolet Sud-Ouest avec le projet Magnola.

Cependant, il faut comprendre que c’est lors de périodes d’étiage sévère que les problèmes majeurs peuvent apparaître et qu’il est, par conséquent, difficile d’en prévoir le risque. Au ministère de l’Environnement, cet aspect est cependant systématiquement considéré dans l’analyse des nouveaux projets majeurs d’utilisation d’eau de surface et des mesures de protection spécifiques sont exigées dans les situations exceptionnelles.


Tableau 2.1 : Caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région

Rivière

Débit moyen
(m3/s)

Débit maximal
(m3/s)

Débit minimal
(m3/s)

Station1de mesure

Années observées
(nb)

Période observée

Saint-François

192,0

2 420

7,000

030292

70

1925-1995

au Saumon

18,0

374

0,526

030282

22

1974-1996

Chaudière supérieure

16,3

170

0,308

023427

20

1976-1996

Eaton

13,2

418

0,445

030234

43

1953-1996

Nicolet Sud-Ouest

11,8

351

0,028

030101

67

1929-1996

Massawippi

10,4

135

0,003

030220

44

1952-1996

Coaticook

9,5

184

0,300

030215

37

1959-1996

Source : Direction du milieu hydrique, ministère de l’Environnement.

1. Il faut consulter l’annuaire hydrologique 1994-1995 du ministère de l’Environnement pour connaître l’endroit exact de la station de mesure.

2.2 Lacs

Le tableau qui suit présente les lacs les plus connus de la région avec leur superficie et leurs principales vocations ou utilisations. Pour connaître les caractéristiques des autres lacs de la région, on peut consulter le ministère de l’Environnement.


Tableau 2.2 : Vocation et utilisation des principaux lacs de la région

Lac

Superficie
(km2)

Vocation/Utilisation

Memphrémagog

95,30

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir, eau potable

Saint-François

47,14

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir

Aylmer

31,12

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir, eau potable

Mégantic

26,40

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir, eau potable, chasse à la sauvagine

Massawippi

17,90

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, eau potable

Grand lac Brompton

11,90

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir, eau potable, chasse à la sauvagine

Magog

10,80

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, réservoir, chasse à la sauvagine

Araignées, aux

8,70

pêche, activités récréotouristiques (club)

Lovering

4,60

pêche, villégiature

Stukely

3,90

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, eau potable

Elgin

3,50

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, eau potable

Louise

3,50

pêche, activités récréotouristiques, chasse à la sauvagine

Montjoie

3,30

pêche, villégiature, eau potable

Moffat

2,80

pêche, villégiature (club)

Magill

2,70

pêche, villégiature (club)

Drolet

2,60

pêche, villégiature

Bowker

2,30

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, eau potable

Wallace

2,30

pêche, activités récréotouristiques, villégiature

Trois-Lacs

2,30

pêche, activités récréotouristiques, villégiature, chasse à la sauvagine

Source : Direction du milieu hydrique et Direction régionale de l'Estrie, ministère de l’Environnement.

2.3 Barrages

Des 330 barrages érigés sur les cours d'eau de la région de l’Estrie, 84,5 % sont des propriétés privées. De tous ces barrages, au moins 60 % servent à des fins de villégiature. La production hydroélectrique, les piscicultures, les prises d'eau, la régularisation des débits et la faune aquatique représentent les autres usages principaux des barrages de la région. Pour plus de détails, on peut consulter le tableau A.1 en annexe.

Environ une dizaine de ces barrages ont une hauteur de plus de 10 mètres. Le plus haut est le barrage de la chute Burroughs, qui appartient à Hydro-Québec. Situé sur la rivière Nigger, près de Ayer’s Cliff, il atteint 19 mètres de haut et est utilisé à des fins hydroélectriques. Pour sa part, Hydro-Sherbrooke possède 10 barrages, tous utilisés à des fins de production d'électricité et dont la majorité a plus de 10 mètres de hauteur. Enfin, la compagnie Kruger est propriétaire d’un barrage de 15 mètres situé sur la rivière Saint-François, à la hauteur de Bromptonville. Il est lui aussi utilisé pour la production hydroélectrique.

Exception faite des lacs Memphrémagog et Massawippi, les plus grands réservoirs de cette région sont retenus par des barrages appartenant au gouvernement du Québec. Le barrage du lac Aylmer retient 102 millions de mètres cubes d’eau. Ce barrage est situé dans la région de l’Estrie, mais son réservoir s’étend jusque dans la région de la Chaudière-Appalaches. De la même façon, le réservoir du barrage Jules-Allard, qui est construit dans la région de la Chaudière-Appalaches, contient 740 millions de mètres cubes d’eau et s’étend jusqu’en Estrie. Le barrage du lac Mégantic, situé sur la rivière Chaudière, crée une retenue de 116 millions de mètres cubes d’eau. Enfin, le barrage Bombardier, sur la rivière au Saumon, retient un réservoir, le lac Brompton, de 22 millions de mètres cubes d’eau.

En 1997, un comité de gestion pour l’ensemble des barrages hydrauliques de la rivière Saint-François a été mis en place. Il voit à favoriser la concertation de tous les gestionnaires dans l’exploitation de leur barrage.

Table des matières

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières

La carte qui suit illustre la qualité de l’eau mesurée au cours des étés 1995 à 1997 aux stations d’échantillonnage du ministère de l’Environnement situées dans la région administrative de l’Estrie. Les résultats ont été obtenus à partir de l’indice bactériologique et physico-chimique de l’eau (IQBP), qui intègre les neuf indicateurs suivants : azote ammoniacal, chlorophylle a, coliformes fécaux, demande biochimique en oxygène, matières en suspension, nitrites et nitrates, phosphore total, saturation en oxygène et turbidité. Ils révèlent que, hormis le tronçon de la rivière Saint-François en aval de Bromptonville, la qualité générale de l’eau des cours d’eau de l’Estrie est bonne ou satisfaisante.

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de l’Estrie

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de l’Estrie

La qualité de l’eau d’une rivière est directement liée aux activités qui ont lieu dans son bassin hydrographique. Le tableau 3.1 présente les pressions de pollution les plus significatives pour le bassin hydrographique de la rivière Saint-François : la superficie cultivée, la densité animale, le nombre d’industries avec rejets au cours d’eau, la population totale, le pourcentage de cette population qui est raccordée à un réseau d’égouts et le pourcentage de cette même population qui est desservie par une station municipale d’épuration des eaux usées.

Les problématiques particulières sont présentées par bassin versant à la section 3.2. Une liste des publications récentes du ministère de l’Environnement se rapportant aux rivières de la région est incluse à la section 3.3.


Tableau 3.1 : Synthèse des données de pression de pollution par bassin hydrographique

Bassin

Superficie du bassin 
(km2)

Superficie cultivée1
(%)

Cheptel1
(u.a. par hectare cultivé)

Industries avec rejet au cours d’eau2
(nb)

Population totale1
(nb)

Population desservie par3 :

un réseau d’égouts
(%)

une station d’épuration
(%)

Saint-François

10 230

12,8

1,2

130

320 380

77,1

76,4

  1. Source : Dernier recensement quinquennal disponible de Statistique Canada (1996).
  2. Industries raccordées à un réseau d’égouts et celles dont les effluents sont rejetés directement au cours d’eau.
  3. Source : Ministère des Affaires municipales et de la Métropole, Service du suivi de l’exploitation, décembre 1998.

u.a. : unités animales. Le cheptel est rapporté en unités animales, c’est-à-dire l’équivalent d’un poids de 500 kg. À titre d’exemple, une unité animale équivaut à une vache ou 4 truies ou 125 poules ou 1 500 cailles, etc. (Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole).

Table des matières

3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.2.1 Rivières Magog et Saint-François

Les rivières Magog et Saint-François offrent un important potentiel pour la pratique d'activités récréatives dans le secteur le plus densément peuplé de la région estrienne. Depuis la réalisation de nombreux travaux d'assainissement sur ces deux rivières, et en particulier ceux touchant le Sherbrooke métropolitain, une nette amélioration de la qualité de l’eau a été constatée. La récente mise en service des équipements de désinfection à la station de la RAERS (Régie d’assainissement des eaux de la région de Sherbrooke) et une réduction constante des débordements par une bonne gestion du réseau d’égouts devraient contribuer à l'atteinte d'une qualité d’eau qui permettrait une pratique sécuritaire des activités récréatives.

Le portrait de qualité de l’eau de 1991 et 1992, réalisé par le ministère de l’Environnement, fait ressortir une contamination des poissons par les BPC plus importante dans le lac Magog que partout ailleurs au Québec. Des recherches sont en cours pour identifier et limiter les sources probables de BPC. Ce portrait montre aussi des baisses d’indices biologiques en aval d’East Angus, de Sherbrooke, de Bromptonville et de Drummondville. Il faut toutefois souligner que ces résultats ont été obtenus avant la mise en service des installations de traitement secondaire des fabriques de pâtes et papiers et avant la mise en service de la station d’épuration de Drummondville. La situation devrait donc s’être améliorée depuis.

Par ailleurs, d’anciens sites miniers comme les sites Eustis, Capel, Albert et Ascot contaminent encore le milieu aquatique de façon significative. Les rejets acides provenant de ces sites contiennent de fortes concentrations de cuivre, qui se jettent directement dans les cours d'eau récepteurs.

Enfin, certains lacs avec une vocation importante de tourisme et de villégiature, comme les lacs Magog, Memphrémagog, Lovering et Massawippi, montrent par endroits des signes de vieillissement prématuré (eutrophisation).

3.2.2 Rivière Nicolet Sud-Ouest

Des problèmes d’enrichissement par les matières nutritives persistent aux Trois-Lacs, malgré les projets d’assainissement des eaux usées municipales qui ont été réalisés en amont. L'érosion des berges et la mise à nu des sols favorisent le lessivage des sols à chaque pluie ou chaque crue des eaux, ce qui contribue largement aux problèmes de qualité de cette rivière.

3.2.3 Acidité des lacs et contamination de la chair de poisson par le mercure

La région de l’Estrie n’est pas affectée par l’acidification des eaux de surface.

La contamination de la chair de poisson par le mercure y est aussi plus faible qu’ailleurs au Québec : 100 % des dorés de taille moyenne, ainsi que 71 % et 67 %, respectivement, des brochets de moyenne et grande taille montrent des teneurs en mercure inférieures à la norme pour la consommation humaine de 0,5 mg/kg. On note cependant des mesures dépassant cette norme dans certains lacs pour le doré jaune, le grand brochet et les gros touladis. Pour connaître les recommandations de consommation, on peut se référer au Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce, réalisé conjointement par le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux, et au dépliant Connaissez-vous les Oméga 3?, réalisé conjointement par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

3.3 Références des publications les plus récentes

BERRYMAN, D., S. PRIMEAU, Y. RICHARD et J. ST-ONGE, 1996. Le bassin versant de la rivière Saint-François : état de l’écosystème aquatique et contamination par les substances toxiques, rapport synthèse, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, rapport EA-5, Envirodoq EN960256, 47 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1996. État de l’écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Saint-François, 1991-1995. Québec, brochure d’information, Envirodoq EN960340, 12 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1995. Qualité des eaux de la rivière Saint-François, 1976-1991, Québec, brochure d’information, 8 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA FAUNE, 1995. Qualité des eaux de la rivière Nicolet, 1979-1994, Québec, brochure d’information, 8 p.

PRIMEAU, S., 1992. Qualité des eaux du bassin de la rivière Saint-François, 1976 à 1991, Québec, Ministère de l’Environnement, Direction de la qualité des cours d’eau, rapport QEN/QE-80/1, Envirodoq EN920515, 145 p., 6 annexes.

ROBITAILLE, P., 1994. Qualité des eaux du bassin de la rivière Nicolet, 1979 à 1992, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, rapport QE-87, Envirodoq EN940249, 74 p., 6 annexes.

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