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Faits saillants

Avril 2018 : le couvert de neige le plus chargé en eau en 56 ans d’observations

Un contenu en eau record (217 mm, +107 mm, 349 %) pour la fin d'avril était toujours présent dans le couvert de neige du sud du Québec, malgré sa fonte complète dans l’extrême sud. Le maximum d’eau de fonte était observé sur la Côte-Nord (334 mm, +150 mm), où il était plus élevé qu’en 2017 (306 mm). Au Saguenay—Lac-Saint-Jean (264 mm, +118 mm), la quantité d’eau disponible pour la fonte en mai était presque identique à celle de 2017 (267 mm). Il restait trois fois plus d’eau de fonte pour alimenter l’Outaouais (97 mm, +72 mm) qu’en 2017 (33 mm). En Mauricie et dans la Capitale-Nationale (164 mm, +103 mm), la fonte à venir sera plus forte que la normale, mais moins que l’an passé (181 mm). Il restait aussi plus d’eau de fonte (171 mm, +81 mm) qu’en 2017 (134 mm) au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Malgré la fonte importante à venir, les pluies de mai seront l’élément déterminant de la fin de cette crue printanière, comme en 2017.

Bien que la crue printanière ait été alimentée par une fonte (82 mm, +/-0 mm) normale pour la deuxième moitié d’avril, des records locaux de pluie (32 mm, +11 mm) ont causé des inondations à la fin du mois. La rivière Chaudière était gonflée par les plus fortes pluies observées en 90 ans à Saint-Éphrem (121 mm) et Saint-Georges (103 mm), alors que la rivière Saint-François en recevait le deuxième plus grand total en 100 ans à Drummondville (108 mm). Le total de pluie mensuel (32 mm, 90 %) a été deux fois moins élevé qu’en 2017 (66 mm) au sud, mais il a tout de même doublé la normale localement dans l’extrême sud, avec plus de 120 mm.

La fonte a été retardée de plus de deux semaines, notamment en raison d’un froid constant du 1er au 22 avril. L’ouest de la province a fait face à un froid record en avril et l’anomalie moyenne a été de -3,2 °C à l’échelle de la province, prolongeant à huit la séquence de mois d’avril plus froids que la normale. Le couvert nival, alimenté par plus du double des chutes de neige (33 cm, 241 %) normales en avril, a même continué à s’accroître au-delà de la mi-avril, ce qui est plutôt rare. Du Témiscamingue à la Capitale-Nationale, c’est plus du triple de la neige normale qui s’est ajoutée, surpassant localement les 60 cm au Témiscamingue et en Mauricie et les 80 cm dans Charlevoix et la réserve faunique des Laurentides.

Chronologie des événements

Du 1er au 10 avril, le maximum moyen demeure à 3 °C sous le point de congélation, au sud, et la température moyenne à 7,3 °C sous la normale. L’anomalie moyenne est de -6 °C à l’échelle du Québec, plus près des températures que la mi-mars affiche habituellement.

Les 3 et 4 avril, une tempête hivernale tardive amène plus de 25 cm supplémentaires de neige, de l’Abitibi-Témiscamingue à la Gaspésie. Les maximums dépassent les 5 °C plus au sud, où il tombe plutôt de 15 à 20 mm de pluie de Gatineau à Beauceville.

Du 11 au 20 avril, les maximums moyens surpassent de 1,3 °C le point de congélation au sud, même si le mercure demeure constamment sous la normale en moyenne. L’anomalie moyenne est de -3,8 °C au sud et de -3,2 °C à l’échelle du Québec durant cette période.

Le 12 avril, de 5 à 15 mm de pluie tombent de l’Outaouais à l’Estrie, où le maximum est observé à Sutton et Magog, alors que les températures moyennes sont de -1,2 °C au sud, le plus près des normales qu’elles seront lors des trois premières semaines d’avril.

Le 14 avril, le mercure redescend brusquement à -11,1 °C en moyenne au sud, une température 12,4 °C plus froide que la normale, offrant un dernier goût de l’hiver et la plus forte anomalie de ce mois.

Du 15 au 19 avril, un cocktail de précipitations mixtes tombe sur l’ensemble du sud du Québec. La neige s’ajoute particulièrement au nord du Saint-Laurent, avec plus de 20 cm de l’Abitibi-Témiscamingue à la Côte-Nord. Un maximum de pluie tombe le 16, avec plus de 25 mm de pluie sur Gatineau et Nicolet.

Du 21 au 30 avril, avec un maximum moyen de 10,5 °C au sud, la température moyenne rattrape finalement la normale au Québec et la surpasse par 0,7 °C au sud. Le 24, journée la plus douce d’avril avec un mercure à 8,1 °C en moyenne au sud et à 2,3 °C au Québec, le soleil accompagne généralement un confortable maximum moyen de 15 °C au sud, à 6,9 °C au-dessus de la normale.

Du 25 au 29 avril, il tombe plus des deux tiers du total mensuel de pluie, en cinq jours. Plus de 50 mm de pluie tombent principalement dans l’axe du Saint-Laurent, de la Montérégie à la Côte-Nord. Le sud de la Capitale-Nationale et le tronçon de la rivière Chaudière qui s’étend de Lévis à Saint-Georges sont particulièrement touchés, avec de 80 à 105 mm de pluie. Peu abondante jusqu’alors, la pluie accompagne au pire moment la fonte du couvert de neige qui s’accélère.

Fonte 2018 : un mélange des printemps 2016 et 2017

La crue printanière de 2018 présente jusqu’à présent certaines caractéristiques des deux précédentes, comme le montre l’analyse des quantités de pluie et d’eau de fonte des trois périodes de quinze jours du début avril à la mi-mai.

En 2016, le couvert de neige s’était anormalement accru jusqu’à la mi-avril (7 mm), pour ensuite fournir des quantités d’eau de fonte normales à la fin avril (86 mm), puis élevées en mai (177 mm). La gestion de la crue avait alors été facilitée par le peu de pluie tombée chaque quinzaine de jours (15, 9 et 37 mm).

En 2017, la fonte avait été normale jusqu’à la mi-avril (41 mm) et jusqu’à la fin avril (81 mm), pour devenir la troisième plus importante en 56 ans d’observations en mai (193 mm). Des inondations ont été observées à la suite des fortes pluies du début (31 mm) et de la fin d’avril (38 mm), s’aggravant avec celles, encore plus fortes, du début de mai (68 mm).

En 2018, suivant un accroissement similaire à 2016 jusqu’à la mi-avril (12 mm), la fonte jusqu’à la fin avril (82 mm) était similaire à celles des deux dernières années, mais le contenu en eau de fonte restant à écouler en mai (217 mm) demeurait beaucoup plus élevé. La pluie était presque absente lors de la première moitié d’avril (4 mm), mais atteignait des niveaux record localement et causait des inondations au cours des quinze derniers jours d’avril (32 mm). Les conditions météorologiques en mai seront déterminantes pour la fonte de ce couvert de neige exceptionnel.

Température maximale (°C)
Température moyenne (°C)
Température minimale (°C)
Pluie totale (mm)
Neige totale (cm)
Neige au sol (cm) Valeurs observées
Température maximale (°C) - Anomalie
Température moyenne (°C) - Anomalie
Température minimale (°C) - Anomalie
Pluie (%) Pourcentage de la normale
Neige (%) Pourcentage de la normale
Neige au sol (%) Pourcentage de la normale
TTempérature maximale (°C) - Classification
Température moyenne (°C) - Classification
Température minimale (°C) - Classification
Sommaire mensuel géostatistique pour le Québec
Avril 2018 Moyenne Anomalie
(réf. 1981-2010)
Classification
Température maximale (°C) -1,2 -2,9 Froid
Température moyenne (°C) -6,9 -3,2 Très froid
Température minimale (°C) -12,6 -3,5 Très froid


 
Sommaire nivométrique géostatistique pour le Québec
Région hydrographique1 Neige au sol, fin avril Précipitations
Épaisseur moyenne (cm) Équivalent en eau (mm) Neige mensuelle (cm) Pluie mensuelle (mm)
moyenne Anomalie2 Variation3
1-15 16-30
Saint-Laurent sud-ouest 0 1 -1 -55 -45 16 105
Saint-Laurent sud-est 17 143 +63 -5 -108 35 69
Baie des Chaleurs et Percé 30 203 +100 14 -108 44 57
Outaouais et Montréal 17 97 +72 21 -67 37 38
Saint-Laurent nord-ouest 26 164 +103 17 -97 44 40
Saguenay—Lac-Saint-Jean 55 264 +118 -39 36 24
Côte-Nord 47 334 +150 28 36 28
* Sud du Québec 29 217 +107 12 -82 33 32
* Au Québec4 36 238 +104 -27 29 19
 
1 Outaouais et Montréal : Témiscamingue, Outaouais, Laurentides (nord) et Montréal. Saint-Laurent sud-est : de la Chaudière-Appalaches au nord de la péninsule gaspésienne. Saint-Laurent sud-ouest : la Montérégie, le Centre-du-Québec et l’Estrie. Saint-Laurent nord-ouest : les Laurentides (sud), Lanaudière, la Mauricie et la Capitale-Nationale.
2 L’anomalie est calculée par rapport à la médiane de la période 1963-2015.
3 La variation est observée au milieu et à la fin du mois au sud du Lac-Saint-Jean, mais seulement évaluée mensuellement plus au nord.
4 Le réseau de stations nivométriques ne permet pas une couverture complète des régions nordiques, ce qui peut influencer les statistiques à l’échelle du Québec.


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